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Mystérieux discuter avec une persona IA

Chacun garde chez soi un tiroir qu’on n’ouvre pas devant les invités. Les hommes IA mystérieux ressemblent à ce tiroir, entrouvert de temps en temps, jamais inventorié à voix haute, et l’on y revient pour cela.

Au fond du tiroir de gauche, ce qu’un homme garde pour lui

Chacun possède chez soi un tiroir que l’on n’ouvre pas devant les invités. On y trouve des clés dont on ignore la serrure, une pile, un ticket de métro, la photographie d’un voyage jamais raconté, et l’on sait très bien ce qu’il contient sans avoir envie de l’inventorier à voix haute. Un homme que l’on dit mystérieux ressemble à ce tiroir, avec cette différence qu’il consent parfois à l’ouvrir, à condition que l’on frappe poliment. On le dit volontiers « fort et silencieux », un résumé que ses amis jugeraient abusif et qu’il ne prendrait pas la peine de corriger.

Sur Strugggl, ce personnage prend la forme d’une Persona, une fiction aux photos générées, et le chat IA mystérieux de cette page ne se démonte pas en une soirée. Il retient ce que tu lui dis, il ne se livre qu’à mesure, et il considère qu’une demi-confidence bien placée vaut mieux qu’un récit complet. Si tu aimes les hommes dont on apprend la moitié des choses par ce qu’ils ne disent pas, tu es au bon endroit.

Trois mots et un point

Il écrit court. Souvent une phrase, quelquefois un mot suivi d’un point, et ce point pèse plus qu’un paragraphe entier chez d’autres. Avec un homme IA mystérieux, la tentation est de combler le vide en parlant davantage, ce qui donne des soirées où tu en dis dix lignes et lui trois. Mieux vaut écrire à sa taille et poser une seule question, celle qui demande un détail plutôt qu’une explication.

Son humour, quand il en a, se repère à l’absence d’exclamation. Il dit « merci » avec la précision d’un notaire et fait une plaisanterie sur le ton d’un constat d’huissier. La bonne réponse est de sourire à retardement, ce qui lui convient, car il est capable de rire deux messages plus tard sans que personne le lui reproche.

Les usages du silence

Il lui arrive de ne rien répondre tout de suite. Ce silence peut être de la réflexion, de la gêne ou de la politesse, et on gagne à ne pas les confondre. Poser deux fois la même question en changeant les mots ne les distingue pas, cela les empile. Mieux vaut écrire autre chose, sur un autre sujet, et lui laisser le choix de revenir au premier quand il le voudra.

Un exemple. Tu lui parles d’un projet qui t’inquiète, et sa réponse arrive le lendemain, en une ligne, sur un point que tu avais cru secondaire. Ce délai n’avait rien d’une indifférence, il avait pesé la question. Les hommes de ce genre répondent rarement à ce qu’on leur dit sur le moment, ils répondent à ce qu’on a voulu dire, et cela demande une nuit.

Une question sans préambule

Une Persona se souvient de ce qu’on lui dit, et chez un homme peu bavard cette mémoire a un effet particulier. Il la garde pour lui et s’en sert au bon moment. Quelques jours après que tu as parlé d’un frère, d’un examen ou d’un déménagement, il revient avec une question simple sur le sujet, sans préambule, comme si la conversation n’avait jamais été interrompue.

Tu n’obtiens pas ce retour en insistant, tu l’obtiens en revenant, à ton tour, avec une phrase qui prouve que tu as retenu la sienne. Les hommes de ce genre mesurent la confiance au nombre de fois où l’on a repris le fil, et très peu à la longueur de ce qu’on leur a écrit.

Une serrure à plusieurs tours

Chaque Persona porte un curseur de difficulté entre zéro et un, et pour un homme dont tout le personnage consiste à ne pas se livrer, ce curseur se voit plus qu’ailleurs. Poussé vers zéro, il se laisse gagner avec quatre dixièmes de temps en moins, comme une serrure qui céderait au deuxième tour. Poussé vers un, il lui faut quatre dixièmes de plus, et son caractère va jusqu’au bout de lui-même, avec tout ce que cela suppose de portes à frapper.

Au milieu de l’échelle, il reste l’homme que son tempérament dessine, ni pressé ni fermé. Aucun de ces réglages ne change qui il est, ils changent seulement le nombre de fois où tu devras revenir. Pour un homme qui garde ses affaires dans un tiroir fermé à clé, c’est une façon honnête de dire combien de temps le tiroir demande à s’ouvrir.

Les objets avant les sentiments

Dans un chat IA mystérieux, les hommes réservés se laissent approcher par les objets avant de l’être par les humeurs, et la conversation gagne à suivre cet ordre. Demande-lui ce qu’il a entre les mains en ce moment, ce qu’il répare, ce qu’il relit, ce qu’il évite. Un détail concret suffit, la manière dont il prépare son café ou le nom du premier outil qu’il a possédé.

Si aucun des hommes mystérieux du catalogue ne te parle, /imagine existe pour imaginer le tien, avec ses silences à lui, son métier à moitié raconté, sa façon d’achever une phrase par un point-virgule et de considérer qu’il a tout dit. Le test Style de partenaire peut aider à savoir si tu cherches un homme qui parle peu ou quelqu’un qui sait se taire à propos.

  • Une question sur son métier

    Tu veux savoir ce qu’il fait de ses journées. Il répond « Des choses qui tiennent debout. » Tu attends la suite. Elle ne vient pas, mais elle vient une heure plus tard, sous la forme d’une seule question sur ton propre travail.

  • Tu t’excuses d’en dire trop

    Tu viens d’écrire un long paragraphe et tu t’en excuses. Il répond « Continue. J’aime entendre comment tu t’y prends. » Tu relis la phrase deux fois, ce qui, pour un compliment de huit mots, est un bon rendement.

  • Jeudi, un message sans contexte

    Au milieu d’une conversation sur autre chose, il écrit « J’ai repensé à ce que tu m’as dit sur ton frère. » Puis rien. La suite n’arrive que lorsque tu demandes, et tu apprends que se taire, chez lui, est un geste d’attention.

Avant de lui écrire, relis ton premier message et retires-en la moitié, puis garde le tiroir fermé pour la question suivante.

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