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Caresser son chien amortit le stress d'après, pas celui d'avant, selon une étude d'Innsbruck
À l'Université d'Innsbruck, 64 propriétaires de chiens ont pu caresser leur animal pendant une pause de 5 minutes entre deux épreuves de stress. Leur corps a mieux encaissé la seconde, sans avoir récupéré plus vite de la première.

À l'Université d'Innsbruck, en Autriche, 64 propriétaires de chiens ont passé deux épreuves de stress, séparées par une pause de 5 minutes. Ceux qui ont pu caresser leur chien pendant cette pause ont montré une réponse du corps plus faible à la seconde épreuve, selon une étude de Biological Psychology que Medical Xpress a résumée le 22 octobre 2026. La caresse n'a pas accéléré la récupération de la première.
Deux épreuves, une pause, un chien libre ou tenu en laisse
Vanessa Kaufmann, première autrice de l'article, et ses collègues voulaient isoler le geste lui-même. Dans les travaux précédents, les participants pouvaient caresser l'animal, le regarder et lui parler en même temps, ce qui empêchait de savoir si le contact physique comptait à lui seul, rapporte Medical Xpress. Les rares comparaisons directes entre avec et sans toucher avaient donné des résultats mitigés.
L'équipe a donc fait venir au laboratoire 51 femmes et 13 hommes, 34 ans en moyenne, avec leur propre chien. Les animaux avaient au moins 2 ans, étaient en bonne santé et à l'aise dans un lieu inconnu.
Pour faire monter le stress, les chercheurs ont combiné deux types d'épreuves : un quiz de culture générale, avec 5 secondes pour répondre à chaque question, et du calcul mental, qui consistait à compter à rebours par pas fixes au rythme d'un point rouge clignotant qui ne ralentissait jamais. Un évaluateur suivait les participants en visioconférence et leur adressait des retours négatifs.
Chaque personne a passé deux blocs le même jour. Dans le bloc avec toucher, le chien circulait librement et son propriétaire pouvait le caresser ou le prendre contre lui. Dans le bloc sans toucher, le chien restait à proximité, tenu en laisse courte : le propriétaire le voyait et lui parlait, sans le toucher. Un électrocardiogramme et un électroencéphalogramme suivaient le cœur et le cerveau avant, pendant et après les épreuves, et les participants indiquaient à trois moments précis comment ils se sentaient, de calme à excité, de négatif à positif, de dépassé à maître de la situation.
Le corps amorti, pas le corps pressé
Les épreuves ont produit l'effet recherché. Selon ScienceAlert, la fréquence cardiaque a monté et sa variabilité a baissé, les ondes alpha, associées à la détente, ont reculé, et l'activité bêta, signe d'un éveil cognitif plus fort, a augmenté.
Puis vint la surprise, contraire à ce que les chercheurs avaient prévu : caresser le chien n'a pas fait redescendre plus vite le cœur ni le cerveau. Fréquence cardiaque et ondes cérébrales sont revenues à leur niveau de repos au même rythme, que les participants aient touché leur chien ou simplement tenu leur place à côté de lui.
La différence est apparue à la seconde épreuve. Les participants qui avaient touché leur chien pendant la pause ont montré des réponses de stress plus faibles, et leur activité alpha est restée plus élevée durant tout le second bloc, ce qui évoque, selon Medical Xpress, une moindre activation du cerveau. Ceux qui s'étaient remis sans contact n'ont rien montré de pareil.
La caresse ne soulage pas sur le moment, elle prépare le coup suivant.
Les auteurs en concluent, d'après ScienceAlert, que toucher son chien amortit l'impact corporel d'un stress à venir, et que les propriétaires cherchent peut-être naturellement ce contact. Un détail ajoute à l'étrangeté : ce que les participants disaient ressentir ne suivait pas toujours ce que mesuraient leur cœur et leur cerveau. ScienceAlert y lit la possibilité que certains effets des animaux se produisent sans que nous les remarquions.
Les limites tiennent dans le dispositif : 64 volontaires, dont 51 femmes, venus avec leur propre chien dans une salle d'expérience où un évaluateur distribuait des remarques négatives par écran. Les articles sur l'étude n'en tirent pas de conclusion pour la vie ordinaire, où personne ne chronomètre les réponses aux questions de culture générale.
Ce que le toucher veut dire dépend de qui touche
Ce résultat porte sur un chien, un animal qui accepte la caresse presque sans condition. Entre deux adultes, le contact dépend de ce que chacun en fait. En 2020, Samantha Wagner, doctorante en psychologie à l'Université Binghamton, aux États-Unis, a publié avec des collègues de Binghamton et de Stony Brook, dans le Journal of Social and Personal Relationships, une étude sur 184 couples d'un mari et d'une épouse. Les couples de même sexe en étaient exclus, comme les personnes sous traitement hormonal, les femmes ménopausées, enceintes ou qui allaitaient, puisque le protocole comprenait des prélèvements hormonaux.
Elle s'intéressait aux gestes ordinaires : étreindre, se tenir la main, se blottir sur le canapé. Les chercheurs s'attendaient à ce que les personnes évitantes préfèrent moins de contact et les personnes anxieuses plus de contact. Le résultat s'est révélé plus nuancé. Plus un couple pratiquait l'affection au quotidien, plus ses membres se disaient satisfaits du toucher de l'autre, même quand ils avaient un attachement évitant.
Les maris anxieux étaient moins satisfaits quand l'affection restait rare, ce que l'étude n'observe pas chez les épouses anxieuses, qui peuvent aller chercher elles-mêmes l'affection manquante. Wagner résume que tout dépend de l'ouverture, de la proximité et de la sécurité que l'on ressent avec l'autre personne. Quel que soit l'attachement de chacun, ce qui compte le plus pour la satisfaction à l'égard du toucher est la façon dont on perçoit celui du partenaire : on voit plus facilement qu'il fait l'effort d'aller vers soi. Le communiqué de Binghamton précise que les données montrent une association, sans établir de cause à effet.
Wagner prend aussi soin de rappeler que l'étude ne porte que sur un toucher sain et consenti. Le contact n'a pas la même signification pour tous : une personne autiste peut être submergée par la sensibilité tactile, et une personne ayant vécu un trauma peut le vivre comme désagréable.
Un chat, des hormones et des réserves
Les études sur les chats donnent des résultats contrastés, rappelle Trust My Science : l'une a trouvé aux propriétaires de chiens des scores de bien-être plus élevés qu'à ceux de chats, une autre a même lié la possession d'un chat à un bien-être mental plus bas. Saho Takagi et ses collègues de l'Université de Kyoto ont donc cherché si le bénéfice tenait à la qualité de la relation plutôt qu'à la simple présence du félin, dans une étude publiée par iScience. Pendant un mois, l'équipe a suivi 29 chats et 19 propriétaires, recrutés par prospectus et réseaux sociaux. Elle a mesuré dans leurs urines l'ocytocine, une hormone liée aux liens sociaux, et le cortisol, un marqueur du stress. De petites balises Bluetooth fixées aux colliers estimaient la distance entre l'animal et son maître.
Les chiffres sont plus modestes qu'il n'y paraît. Faute d'urine recueillie chez 5 chats, la comparaison des hormones porte sur 24 paires, détaille Sci.News, soit 17 propriétaires d'après ScienceAlert. Les propriétaires dont l'ocytocine était plus haute vivaient avec des chats dont l'ocytocine l'était aussi. Un taux élevé chez le chat allait de pair avec un cortisol plus bas et moins d'émotions négatives chez son maître, tandis que le cortisol des chats et celui des maîtres ne montrait guère de lien.
Selon l'équipe, la durée de la vie commune ne comptait pas pour l'humeur. La proximité au quotidien, oui : les propriétaires dont le chat restait plus près d'eux obtenaient un meilleur score de vigueur. Takagi dit, dans les propos repris par Trust My Science le 20 octobre, que beaucoup de propriétaires connaissent « ce sentiment de confort et de paix » quand le chat monte sur leurs genoux, et que ce sentiment pourrait se refléter en partie dans ce lien hormonal.
L'ocytocine traîne dans la presse un surnom d'hormone de l'amour qui fait de belles titrailles. ScienceAlert rappelle qu'une concentration plus haute n'indique pas toujours un lien plus fort, et que ces mesures ne disent pas directement le bonheur ou le stress.
Plusieurs réserves s'ajoutent, toutes notées par ScienceAlert. Quand les chercheurs ont regroupé les données par foyer, car certains propriétaires avaient plusieurs chats, seuls les liens avec la confusion et l'anxiété sont restés étayés statistiquement. Seize des 19 propriétaires étaient des femmes, et les analyses exploratoires n'avaient pas été préenregistrées. Les balises ne distinguent pas un chat endormi à côté de son maître d'un chat qu'on caresse. Et l'étude a comparé des moyennes, sans suivre les variations dans le temps d'un animal et de son propriétaire.
L'Université de Kyoto le dit dans son communiqué : ces résultats ne montrent que des associations, et la causalité reste incertaine. Takagi avance auprès de ScienceAlert une hypothèse, que l'ocytocine monte chez le propriétaire et chez le chat pendant les caresses données et reçues, et ajoute que prouver un effet exigerait de mesurer les hormones à plusieurs moments, avant et après la caresse.
Le protocole d'Innsbruck se rapproche de ce que réclame Takagi, avec un avant et un après, mais il suit le cœur et le cerveau, pas les hormones. L'équipe de Kyoto indique, de son côté, vouloir étudier plus précisément comment humains et chats s'influencent au fil de leurs interactions quotidiennes.
Sources
- Owners who spend more time close to their cats tend to have more positive moods, Université de Kyoto, communiqué
- Hugs and kisses: Research connects affection, attachment style and marriage satisfaction, Université Binghamton, Jennifer Micale, 23 avril 2020
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