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Love Language sort le 23 octobre : Moretz écrit les vœux des autres et bute sur les siens
Le 23 octobre 2026, Vertical a sorti aux États-Unis Love Language, où Chloë Grace Moretz écrit des vœux de mariage pour autrui. Variety y voit un film agréable mais sans rire, The Hollywood Reporter un film où les mots ne suffisent pas.

Louisa écrit les vœux de mariage des autres et ne trouve pas les siens. Ce point de départ de Love Language, comédie romantique de Joey Power avec Chloë Grace Moretz, est arrivé le 23 octobre 2026. Le film est sorti dans une sélection de salles américaines et en vidéo à la demande, chez le distributeur Vertical.
Une rédactrice de serments, sortie d'une demande rompue
Louisa Klaussner, que tout le monde appelle Lou, rêve d'être romancière. Après des fiançailles rompues, elle tombe, selon le synopsis relayé par BroadwayWorld, dans un travail d'appoint inattendu : écrire des vœux de mariage pour d'autres.
Tout commence au mariage de sa meilleure amie Tilda (Billie Lourd). Variety raconte que Lou, priée d'aider à rédiger les vœux, recycle simplement ceux qu'elle avait composés pour ses propres noces avortées. Ils font mouche. Des inconnus viennent lui en réclamer à la réception, comme on commande une dernière tournée.
Elle y croise aussi Dash (Anthony Ramos), cousin de Tilda, que le synopsis décrit comme un amateur de rendez-vous en série. Puis Olivia (Isabel May), riche importatrice, lui commande les vœux de son futur mariage avec Warren (Manny Jacinto), qui se trouve être le béguin d'université de Lou. Selon Variety, Lou accepte la commande sans le dire à Olivia.
À l'approche de la cérémonie, la rédactrice de promesses n'écrit plus un mot.
Son ami Gus (Lukas Gage) la surnomme « the Cyrano of Chicago », rapporte The Hollywood Reporter. Le surnom dit le métier. Il consiste à prêter sa plume à des gens qui ont les sentiments, mais pas les phrases.
De SXSW aux écrans américains le 23 octobre
Le film a d'abord été montré au festival SXSW en mars 2026. The Hollywood Reporter l'y a chroniqué le 16 mars 2026, dans la section Narrative Spotlight. Vertical a publié sa première bande-annonce le 8 octobre 2026, d'après Deadline. Puis le film est sorti le vendredi 23 octobre dans certaines salles et en vidéo à la demande, comme l'annonçait BroadwayWorld.
La distribution réunit Chloë Grace Moretz, Anthony Ramos, Manny Jacinto, Isabel May, Lukas Gage, Billie Lourd et Chloe Fineman. Colin Jost figure parmi les producteurs. Un casting de visages connus, donc. Joey Power, qui écrit et réalise, avait signé en 2018 la romance After Everything, rappelle Variety.
Deadline a publié le 23 octobre 2026 la liste des morceaux entendus dans le film. On y trouve « Red Wine Supernova » de Chappell Roan, « Little of Your Love » de HAIM, « Sea of Love » de Cat Power et « Love is Everywhere (Beware) » de Wilco. C'est une bande-son de playlist plus que de partition. Elle convient à une histoire où chacun cite les mots d'un autre.
Deux critiques, un même regret
Dans Variety, le 24 octobre 2026, le critique Guy Lodge juge le film agréable et sans exigence, une comédie à l'ancienne habillée de tics de la génération Z. Il y relève les rencontres maladroites, le meilleur ami gay et l'intervention de dernière minute à l'aéroport, des ficelles de comédie bien connues. Son regret principal tient en une phrase. Le film est tendrement romantique, mais il oublie la moitié comique, alors que son point de départ promettait de l'esprit.
Lodge rapproche l'intrigue de My Best Friend's Wedding, autre film situé à Chicago. Il rappelle que l'héroïne de Julia Roberts y avait des options moins enviables : briser un couple ou rester seule. Lou, elle, hésite entre deux hommes, et le critique juge cette hésitation longue et sans grand enjeu. Il trouve même Olivia plus intéressante que les deux héros qui se disputent l'attention.
Pour Lodge, Joey Power n'est pas non plus le meilleur avec les mots, ce qui est fâcheux pour un film consacré à ceux qui les cherchent. Il salue en revanche Chicago, filmée dans des tons chauds et automnaux, et la complicité de l'ensemble de la distribution.
The Hollywood Reporter, sous la plume d'Angie Han, avait déjà écrit en mars que le film explique les émotions mieux qu'il ne les fait sentir. Son titre de synthèse tient en trois mots : « Words fall short ». Elle ajoute que même le grand geste du dernier acte ressemble à une concession à la formule plutôt qu'à un élan spontané.
Dans le détail, Han apprécie les touches de réalisme. Le métier de jour de Lou, la publicité pour une marque de chips où elle pond à contrecœur des slogans pour une mascotte absurde, lui paraît une trouvaille. Ses façons d'éviter les échéances, nettoyer toute la maison ou apprendre à faire des tortillas de zéro, aussi. Une rédactrice qui repousse ses propres mots, voilà qui sonne juste. Mais l'éloge s'arrête là. Han voit bien ce que le film essaie de faire : greffer une patine indie, naturaliste et un peu mélancolique, sur un triangle amoureux classique. Selon elle, le ton ne prend pas. Moretz aurait quelques étincelles avec Jacinto, très peu avec Ramos, et la prise de conscience tardive de Lou arrive comme une nouvelle tombée du ciel plutôt que comme l'aboutissement de ce qu'on a vu naître.
Variety y met une nuance : le film devrait servir de plaisir tranquille à beaucoup de moins de 30 ans, ce qui devrait rassurer leurs aînés.
Ces deux avis sont ceux de deux critiques, l'un à la sortie du film, l'autre à l'issue de sa projection au festival. Ni Deadline ni Variety ne donnent de chiffre d'entrées ou de visionnages, de sorte que l'accueil du public reste à mesurer.
Des promesses précises plutôt que de belles phrases
Le film pose, sans le dire, une question que les psychologues des couples connaissent : à quoi sert de promettre quelque chose le jour du mariage ? Samantha Joel, chercheuse qui étudie les relations amoureuses, a publié dans U of T Magazine un texte à la première personne, écrit alors qu'elle était fiancée. Elle y livre les dix promesses qu'elle et son partenaire ont choisies, volontairement concrètes et comportementales, appuyées chacune sur un champ de recherche.
Plusieurs touchent à l'attachement. L'une engage à être là quand l'autre est en détresse, ce que les chercheurs nomment un « safe haven ». Une autre engage à encourager ses projets quand il va bien, ce qu'elle appelle une « secure base » : prendre des risques, se tromper, rentrer chez soi auprès de quelqu'un qui soutient. Une troisième promet de chercher à comprendre les désirs, les peurs et les rêves de l'autre, parce qu'on ne peut répondre à des besoins qu'on ne connaît pas.
Deux autres promesses sont plus discrètes. L'une refuse la pression, la culpabilisation et la contrainte : chacun reste libre de ses choix, même quand les vies sont entremêlées. L'autre renonce à tenir les comptes. Joel donne l'exemple de celui qui a fait la vaisselle hier et voudrait donc que l'autre la fasse aujourd'hui. Elle lui préfère l'idée de donner ce qu'on peut selon le besoin du moment, en comptant sur un équilibre à la longue.
Sur l'engagement, elle écrit qu'un couple qui se voit comme un partenariat durable déplace son regard : les problèmes cessent d'être un affrontement entre deux personnes pour devenir une difficulté à affronter ensemble. Sur la gratitude, elle décrit un cercle : celui qui remercie fait sentir à l'autre qu'il est apprécié, ce qui le rend plus heureux, plus engagé et plus reconnaissant à son tour.
Les limites sont celles d'un essai personnel. Le texte résume des recherches existantes, sans chiffre ni échantillon, il n'a pas de date dans la version consultée et il reproduit les choix d'un seul couple. Joel écrit elle-même que tenir ces promesses est la vraie difficulté. Un peu d'ironie ne fait pas de mal : dans le film, les vœux sont recyclés d'un mariage qui n'a pas eu lieu, alors que ceux de la chercheuse sont faits pour être relus : le couple prévoit de les faire graver et de les accrocher dans son couloir.
Rien ne prouve qu'une promesse précise tienne mieux qu'une belle phrase. Ni le film ni cet essai ne le démontrent. Mais Lou montre à l'écran l'envers de cette idée : elle sait composer pour les autres des phrases qui émeuvent, et reste muette devant les siennes.
Pour les lecteurs en France
Aucune date de sortie française n'apparaît dans les articles de Deadline, de Variety ou de BroadwayWorld. Variety indique seulement que les ventes à l'international sont confiées à Protagonist Pictures, à Londres. Pour les lecteurs en France, le film reste donc une sortie américaine.
Le critique de Variety se demande, à la fin de son texte, quand viendra une comédie romantique qui définisse davantage sa génération. La question ne concerne pas que Love Language : elle porte sur un genre qui, dans l'état des deux critiques citées, préfère les gestes connus aux phrases nouvelles.
Dans la liste de Deadline figure aussi « Unchained Melody », dans la version des Fleetwoods, glissée entre les autres titres comme un détail que l'on repère à la deuxième écoute.
Sources
Rencontrer une femme romantique
La version audio de cet article est lue par une voix de synthèse générée par IA.
Persona IA générée : ni la personne de cet article, ni une personne réelle.