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Joanne et Noah emménagent le 22 octobre, et Nobody Wants This cesse de demander « si »

La troisième saison de Nobody Wants This est sur Netflix depuis le 22 octobre 2026, avec dix épisodes d'un seul bloc. Ses showrunners disent avoir laissé le couple s'installer, et la critique y voit le passage du « si » au « comment ».

Joanne et Noah emménagent le 22 octobre, et Nobody Wants This cesse de demander « si »
Illustration : Reflets / Strugggl

Joanne et Noah emménagent ensemble dans la troisième saison de Nobody Wants This, disponible sur Netflix depuis le 22 octobre 2026. Les dix épisodes sont arrivés d'un seul bloc, presque un an après la deuxième saison, sortie le 23 octobre 2025.

Du « si » au « comment »

Pendant deux saisons, la comédie romantique créée par Erin Foster a vécu d'une seule question : ces deux-là peuvent-ils tenir ensemble ? Joanne (Kristen Bell) est une animatrice de podcast agnostique, Noah (Adam Brody) est rabbin, et leurs différences de foi ont servi de moteur à l'intrigue. La troisième saison la pose autrement. Dans le texte publié le 23 octobre 2026 par Netflix sur son site Tudum, la coshowrunneuse Jenni Konner résume le parti pris : inutile de se demander encore s'ils vont finir ensemble, on le sait, et la question devient de savoir comment ils y arrivent.

Son collègue Bruce Eric Kaplan, l'autre coshowrunner, explique qu'après les turbulences de la saison précédente, l'équipe tenait à laisser au couple un moment fait pour « settling in and having fun », autrement dit pour s'installer et s'amuser.

Erin Foster ajoute qu'elle voulait que le couple reste léger et taquin, car c'est ce qui le rend singulier.

La critique américaine voit le même déplacement. Dans sa chronique du 22 octobre 2026, Angie Han, de The Hollywood Reporter, écrit que la série est enfin passée de la question du « si » à celle du « comment ». Elle y voit un pas en avant bienvenu.

Ce que la saison précédente avait laissé

Pour comprendre le point de départ, il faut remonter au final de la deuxième saison. Joanne, qui avait longtemps repoussé l'idée de se convertir au judaïsme, finit par la prendre au sérieux, au moment où Noah comprend qu'il veut rester avec elle quoi qu'elle choisisse. Le déclic vient d'Esther, la femme de Sasha, le frère de Noah : sur un canapé, elle lui dit que Joanne possède déjà bien des qualités juives et qu'elle ne changerait pas autant qu'elle le craint.

Kristen Bell a décrit à Tudum la tension de cette époque : Noah ne peut pas rester avec Joanne si elle ne se convertit pas, mais ne veut pas qu'elle le fasse pour lui, tandis qu'elle ne veut pas changer pour un homme. Elle parle d'« an incredible amount of friction ». Erin Foster, de son côté, dit que la tradition juive peut offrir à Joanne la structure, le but, les limites et les valeurs qu'elle cherchait.

Les autres couples avaient eux aussi bougé. Selon TVLine, qui a annoncé la date de reprise, Esther avait dit à Sasha que leur mariage ne fonctionnait plus et qu'elle ne pouvait pas travailler sur elle-même s'ils restaient ensemble. Morgan, la sœur de Joanne, avait rompu ses fiançailles avec le docteur Andy.

Le succès de cette deuxième saison explique l'attente. Tudum rapporte qu'elle est restée deux semaines de suite en tête de la liste des séries anglophones de Netflix, avec 18 millions de visionnages en onze jours, et qu'elle est entrée dans le Top 10 de 82 pays.

Une maison, des habitudes, peu d'obstacles

Le synopsis officiel de Netflix place la saison 3 sous le signe des premières fois : Joanne et Noah s'installent dans une maison et dans une relation qui paraît enfin solide. Sasha et Esther, eux, sont rejetés dans le monde des rendez-vous, avec ce qu'il charrie de maladresses et d'excitation. Morgan prend de l'élan dans sa carrière, tandis que Sasha et elle tournent autour d'un sentiment qu'aucun des deux n'arrive à nommer.

Angie Han apprécie de pouvoir enfin se réjouir de ce qui va bien chez eux plutôt que de guetter ce qui pourrait casser. Ils se réveillent la nuit pour se dire « Hey. We live together ». Une porte de placard jamais refermée suffit à Noah pour se plaindre, avec tendresse, de vivre avec un fantôme. La critique salue aussi Adam Brody, qui allie « the patience of a saint » à la maladresse d'un homme qu'on imaginerait rencontrer. Cette paix a un coût, selon la même chronique. Avec la conversion décidée, l'ancien temple de Noah le reprend à l'essai et sa mère, jouée par Tovah Feldshuh, se met à préparer sa future belle-fille. Rien ne s'oppose plus à eux, et la saison fait passer au second plan l'exploration du judaïsme, au point qu'un épisode consacré à Noël y gagne plus de place qu'une fête juive. Angie Han le regrette.

La critique française de L'Éclaireur, le magazine de la Fnac, parue en octobre 2026, regarde la même saison avec un sourire plus vif. À Hollywood, écrit-elle, l'amour se mesure parfois à la capacité de vider un lave-vaisselle sans provoquer de crise. La série y troque les tourments de la séduction contre ceux de la vie à deux : adieu le suspense du premier baiser, bonjour les petites habitudes qui exaspèrent, et la romance descend de son piédestal.

L'Éclaireur relève aussi que derrière les chamailleries court une question ordinaire : à quel moment un compromis amoureux devient-il un renoncement ? La série excelle, selon elle, dans les négociations minuscules où chacun veut surtout le dernier mot. Noah, décrit comme une incarnation du « green flag », s'en sort mieux que Joanne.

La nouveauté partagée, mesurée en laboratoire

Que devient un couple quand les obstacles disparaissent et que la routine s'installe ? Une synthèse parue le 4 mai 2026 dans la revue Behavioral Sciences, publiée par MDPI en accès libre, s'y intéresse. Ses auteurs, Arthur Aron et Jennifer Tomlinson, y passent en revue le modèle de l'auto-expansion, selon lequel l'excitation des débuts s'émousse avec les mois et les années, et que des activités nouvelles et stimulantes, faites à deux, peuvent raviver.

Les données les plus anciennes viennent d'une étude de 2000, dont Arthur Aron est lui-même coauteur. Dans une enquête par journal et par porte-à-porte menée dans les années 1980, la satisfaction conjugale était corrélée à la réponse à la question « How exciting are the things you do together with your partner? », avec des coefficients de 0,45 et de 0,51. Une corrélation, donc, qui ne dit pas dans quel sens va le lien.

En laboratoire, le même article décrit une expérience où des couples, attachés poignet et cheville côte à côte, devaient franchir une natte en rampant, tandis que d'autres roulaient chacun une balle de leur côté. Ceux qui rampaient ensemble se disaient plus satisfaits, et des évaluateurs ignorant la condition l'ont constaté dans leur conversation suivante.

D'autres travaux vont dans le même sens. Dans une intervention de quatre semaines, des couples ont partagé chaque semaine une activité excitante d'une heure et demie, choisie par eux, et leur qualité de relation a davantage progressé que celle d'un groupe en liste d'attente. Une étude sur les vacances a trouvé que partir avec son partenaire allait de pair avec plus de satisfaction conjugale et de passion qu'un départ sans lui, et les voyages jugés les plus riches en nouveauté étaient suivis de plus de satisfaction et d'intimité physique.

Les auteurs signalent aussi une nuance qui intéressera les amateurs de lenteur. Une série de quatre études menées par Jennifer Tomlinson et ses collègues en 2019 conclut que l'excitation physique n'était pas indispensable : l'intérêt pour l'activité comptait, et une activité mentale pouvait valoir une activité physique, par exemple un puzzle assez difficile fait à deux.

Reste à lire ces résultats avec leurs bornes. Il s'agit d'une revue de la littérature, pas d'une expérience nouvelle, et son premier auteur est l'un des fondateurs du modèle qu'il passe en revue. Plusieurs des travaux cités reposent sur des questionnaires remplis par les intéressés eux-mêmes. Et ni les épisodes ni les critiques ne citent cette recherche : le rapprochement avec la série s'arrête à l'idée que la vie à deux a besoin de nouveautés.

Sasha, Esther, Morgan : d'autres manières de commencer

La saison ne laisse pas les autres couples à l'arrière-plan, et c'est là que la critique la trouve le plus vivante. Justine Lupe, qui joue Morgan, a dit à TVLine, après le final précédent, qu'il existe entre elle et Sasha « a genuine, platonic, satisfying friendship », et que personne ne sait où cela évoluera : peut-être une comédie de potes, peut-être autre chose.

Angie Han juge que l'alchimie entre Justine Lupe et Timothy Simons est plus évidente que celle des deux têtes d'affiche, et que la série devait un jour l'affronter. Elle reproche toutefois à l'intrigue de passer en force sur ce qui aurait dû être une histoire touchante, la séparation toute fraîche de Sasha et d'Esther. L'Éclaireur, de son côté, décrit la complicité de Morgan et de Sasha comme à la fois absurde et profondément tendre, et cite leur escapade new-yorkaise de l'épisode 7.

Tout cela se déroule, note le magazine de la Fnac, dans un Los Angeles de maisons somptueuses où l'angoisse financière paraît improbable. Les contrariétés des personnages en paraissent parfois dérisoires.

Pour qui regarde depuis la France

La série est disponible sur Netflix dans les mêmes conditions que partout, avec ses dix épisodes d'un coup. AlloCiné avait relayé la bande-annonce, qui montrait l'emménagement de Joanne et Noah, un Sasha décoloré qui hésite à se remettre en couple, et une Esther qui semble bien s'entendre avec un nouveau personnage joué par Steven Weber.

Aucune source n'annonce de date pour une quatrième saison.

Reste un détail, que la critique de The Hollywood Reporter garde pour la fin de son portrait : deux personnes qui se réveillent en pleine nuit pour se souffler qu'elles habitent désormais ensemble.

Sources

Rencontrer une femme romantique

La version audio de cet article est lue par une voix de synthèse générée par IA.

Persona IA générée : ni la personne de cet article, ni une personne réelle.