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49 % des célibataires américains se sont épris de quelqu’un qui ne leur plaisait pas d’abord

Selon l’enquête Singles in America 2026, financée par Match, 49 % des célibataires américains se sont épris de quelqu’un qui ne leur plaisait pas d’abord, contre 30 % en 2010. La demisexualité n’y est pas mesurée.

Illustration : Reflets / Strugggl

49 % des célibataires américains disent s’être épris de quelqu’un qui ne leur plaisait pas au départ, contre 30 % en 2010. C’est l’un des résultats de l’enquête Singles in America 2026, publiée le 10 septembre par l’Institut Kinsey, de l’université de l’Indiana, avec Match, le groupe de rencontres en ligne.

Le coup de foudre progresse en même temps : 62 % des personnes interrogées y croient, contre 41 % en 2010, et 47 % disent l’avoir vécu, contre 30 %. Les deux idées gagnent du terrain, celle de l’évidence immédiate comme celle de l’attirance qui vient après.

Quinze ans de questions aux célibataires

Singles in America en est à sa quinzième édition. Selon l’Institut Kinsey, plus de 80 000 personnes ont répondu depuis 2010 ; le communiqué de la quatorzième édition, en juin 2025, en comptait plus de 75 000. La cuvée 2026 réunit environ 5 000 célibataires américains de 18 ans et plus, interrogés en ligne en mars et avril 2026 sur 120 questions.

L’échantillon est présenté comme représentatif. Les personnes mariées, en couple ou en cohabitation en sont exclues : il ne parle que de ceux qui sont célibataires aujourd’hui.

Ce qui fait changer d’avis

Chez ceux qui ont fini par s’intéresser à une personne qui ne leur plaisait pas d’abord, la première raison est une bonne conversation (47 %), devant les centres d’intérêt communs (41 %) et les valeurs partagées (35 %), selon Match. Devenir meilleurs amis figure aussi parmi les raisons les plus citées.

Un autre ressort a pris de l’importance depuis 2010, selon l’Institut Kinsey : montrer qu’on progresse. Devenir plus mûr sur le plan émotionnel, plus attirant, plus stable financièrement, se fixer des objectifs de vie : ces signaux pèsent davantage qu’avant. Les célibataires se laissent aussi plus de temps : 41 % accepteraient un second rendez-vous après un premier sans éclat, contre 35 % en 2021, et la part de ceux qui ne veulent pas de relation a reculé, à 24 % en 2026 après un pic à 32 % en 2021. Cosmopolitan y voit un retour du slow burn, cette montée lente du sentiment, à rebours d’une époque où les applications mettent l’attrait physique au premier plan.

Le rythme dépend de l’âge. Si leur partenaire idéal apparaissait demain, 57 % de la génération Z (18-29 ans) et 51 % des millennials (30-45 ans) commenceraient à sortir avec tout de suite, contre 41 % de la génération X (46-61 ans) et 28 % des baby-boomers (62-80 ans), d’après Match.

Des critères plus nets, et pourtant

Les critères se précisent : 34 % des célibataires ont une liste de qualités attendues chez un partenaire à long terme, contre 25 % en 2021. Parmi ceux qui en ont une, 46 % sont pourtant tombés sur quelqu’un qui n’y correspondait pas.

Justin Garcia, directeur exécutif de l’Institut Kinsey et codirecteur de l’étude, y lit une tension : on peut savoir ce qui compte pour soi sans savoir de qui l’on va s’éprendre. Amanda Gesselman, chercheuse senior de l’institut et l’autre codirectrice, note que les célibataires deviennent plus souples sur ce que peut être une bonne relation, et que les jalons qui définissaient autrefois un couple comptent moins que le genre de personne qu’on veut à ses côtés.

Entre la paix et la sécurité émotionnelle d’un côté, la passion et l’excitation de l’autre, 34 % des célibataires choisissent la première, 14 % la seconde. Chez les femmes, l’écart est de 40 % contre 9 %.

Une enquête financée par Match

Le détail compte.

L’Institut Kinsey mène l’enquête, mais Match la finance et en publie sa propre synthèse. Dans le communiqué de 2025, Justin Garcia est aussi présenté comme conseiller scientifique en chef de Match.

Le ton de la synthèse de Match s’en ressent. Stephanie Danzi, directrice marketing mondiale du groupe, y écrit que les célibataires sont plus intentionnels et plus romantiques que jamais, et que « l’intention est la nouvelle romance », formule de communication qui n’est pas un résultat de recherche. Les données, elles, sont déclaratives : des réponses à un questionnaire en ligne, pas des comportements observés.

Le reste du tableau, de l’économie à l’IA

La même enquête situe ces 49 % dans un climat plus large. 52 % des célibataires disent que la difficulté de la conjoncture leur donne plus envie de partager leur vie avec quelqu’un, presque le double des 27 % de 2013. Dans le même temps, davantage de personnes estiment qu’il leur faut d’abord atteindre un certain niveau de carrière et de revenus, se constituer une épargne ou rembourser leurs dettes avant de se lancer, comparé à 2019.

Avant même le premier rendez-vous, 50 % des membres de la génération Z disent vérifier ou rechercher leurs dates en ligne, surtout sur les réseaux sociaux (60 %), mais aussi par une recherche Google (37 %) ou une vérification d’antécédents (29 %). Le rapprochement est le nôtre, pas celui de l’institut : on se renseigne beaucoup sur quelqu’un qu’on n’a pas encore rencontré, et on dit pourtant se laisser surprendre une fois face à lui.

Et 39 % des célibataires ont déjà utilisé l’IA dans leur vie amoureuse, surtout pour améliorer leur façon de communiquer, trouver de meilleurs profils ou produire des idées de messages : 67 % chez les 18-29 ans, 46 % chez les millennials, 24 % dans la génération X, 5 % chez les baby-boomers. En parallèle, 66 % pensent que l’IA ne peut pas remplacer le lien humain.

Et la demisexualité ?

La Fondation pour l’innovation politique, un think tank français, la définit dans le glossaire d’une de ses études comme l’absence d’attirance sexuelle envers quelqu’un tant qu’un lien émotionnel fort n’a pas été établi. Elle se situe, écrit-elle, sur le spectre de l’asexualité.

Singles in America ne pose pas cette question. Les 49 % réunissent tous ceux qui ont changé d’avis sur quelqu’un, pour une raison ou une autre : le chiffre ne dit rien du nombre de personnes demisexuelles. Les communiqués ne donnent pas non plus la formulation exacte de la question, et « s’éprendre » n’est pas « tomber amoureux ». Les réponses décrivent des associations, pas des causes.

C’est le seul lien que fait cette brève avec la Persona demisexuelle : une conversation qui s’approfondit change parfois ce qu’on ressent, et des millions de personnes le décrivent sans employer ce mot.

Côté français

Aucune enquête française comparable ne nous est apparue lors de nos recherches, début octobre 2026. Le point de repère le plus proche est une étude de l’Ifop menée avec le site DisonsDemain, de la famille Meetic, publiée en mars 2023 auprès de 3 000 célibataires : 70 % d’entre eux se disaient romantiques, 72 % des 50-69 ans contre 63 % des moins de 25 ans. Elle ne demandait pas si l’attirance pouvait venir après.

Ce silence a une conséquence pour qui lit ces chiffres depuis la France : ils décrivent des Américains célibataires, interrogés par un groupe qui vit de leurs rencontres, et rien n’indique qu’ils se transposent tels quels.

Le jeu de données complet, avec son questionnaire, est téléchargeable sur le site de l’Institut Kinsey : n’importe qui peut y vérifier ce que la question sur l’attirance de départ demandait au juste.

La version audio de cet article est lue par une voix de synthèse générée par IA.