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À 80 ans, Francisco termine dernier des 20 km de Paris, où 29 131 coureurs ont franchi la ligne

Le 11 octobre 2026, 29 131 coureurs ont terminé les 20 km de Paris, dont Francisco, 80 ans, dernier à franchir la ligne. Les femmes y représentent 43,8 % des inscrits en présentiel, contre 42 % en 2025.

Illustration : Reflets / Strugggl

Francisco, 80 ans, a franchi la ligne en dernier aux 20 km de Paris, le dimanche 11 octobre 2026, et Stéphane Diagana, parrain de la course, l'a accueilli. Running Attitude compte 29 131 coureurs arrivés au pied de la tour Eiffel pour cette 48e édition.

Le dernier finisher a 80 ans

Les comptes rendus ne donnent de lui que son prénom et son âge.

Running Attitude ne publie pas son temps, et aucun compte rendu ne dit d'où il venait ni depuis quand il court. Ce qui est établi tient en peu de choses: il a pris le départ dans la matinée, il a terminé les vingt kilomètres, et le parrain de l'épreuve l'a salué en dernier arrivant. Le scout n'y trouve pas de chrono à commenter. Il y trouve un départ, et un homme qui a mené la chose à son terme, ce qui vaut mieux qu'un record dont personne ne se souviendra en novembre.

La course a été créée en 1979 par l'association sportive et culturelle de l'armée de l'Air et elle est organisée aujourd'hui par l'association le Club des 20 km de Paris, selon Running Attitude. Les organisateurs l'ont placée cette année sous le thème du « nouveau souffle », écrit Sportmag. Pour un coureur de 80 ans qui finit dernier, la formule a le mérite d'être tenue à la lettre.

Cinq hommes sous l'heure, un podium féminin tricolore

Chez les hommes, le Kényan Daniel Tumaka Kosen s'est imposé en 57’11. Emmanuel Roudolff-Levisse a pris la deuxième place en 57’45, pour la deuxième année consécutive, et Abderrazak Charik la troisième en 58’34. Running Attitude place le deuxième à 30 secondes du vainqueur et rappelle qu'il détient le record de France du semi-marathon depuis Barcelone, en février 2026.

La revanche était pourtant au programme. Dicodusport écrit que Roudolff-Levisse avait « une belle revanche à prendre » après sa deuxième place de 2025, à seulement cinq secondes de la victoire. Cette année, l'écart est passé de cinq secondes à une demi-minute: la revanche a pris un détour.

Marathons.fr précise que les cinq premiers ont tous terminé sous l'heure, avec moins de deux minutes et quinze secondes entre le vainqueur et le cinquième, Clément Leduc, en 59’25. Référence Trail note que la course a été plus calme sur le plan chronométrique que celle de 2025, où Étienne Daguinos avait établi le record de l'épreuve en 56’18. Le parcours, relève Dicodusport, ne compte que 30 mètres de dénivelé positif, et passe par le bois de Boulogne, les quais de Seine et les Tuileries: le terrain ne servait pas d'excuse, et les conditions non plus, puisque Running Attitude parle d'une météo idéale, un peu fraîche de bon matin.

Chez les femmes, Mekdes Woldu a gagné en 1h04’37 et amélioré de deux minutes son record personnel sur la distance, d'après Running Attitude. Détentrice des records de France du marathon et du semi-marathon, elle devance Manon Trapp, deuxième en 1h06’25, qui avait remporté l'édition 2024, et Salomé Brun, troisième en 1h06’51. Référence Trail qualifie de rareté ce podium entièrement français.

La course en fauteuil comptait aussi. Julien Casoli l'a emportée en 44’00 chez les hommes, la Britannique Melissa Nicholls en 1h02’47 chez les femmes, pour la deuxième année où des athlètes en fauteuil prenaient le départ. Sportmag annonçait 17 athlètes en fauteuil avant la course.

Le peloton change de visage

Les femmes représentent 43,8 % des inscrits en présentiel cette année, contre 42 % en 2025, selon Running Attitude. Sportmag ajoute qu'elles étaient environ 38 % en 2024, que l'âge moyen des participants est de 39 ans et que 110 nationalités sont représentées.

Aucune des deux pages ne détaille la méthode de ces proportions, et le mot « environ » devant le chiffre de 2024 invite à les lire comme des ordres de grandeur. Elles dessinent pourtant une trajectoire: de 38 % à 42 %, puis à 43,8 %, sur trois éditions.

Un peloton d'une trentaine de milliers de personnes se transforme lentement, et personne n'a eu besoin d'un slogan pour y arriver.

Le nombre exact de coureurs change selon la page. Sportmag annonçait 35 000 participants attendus au départ du pont d'Iéna, Dicodusport près de 35 000 coureurs, Référence Trail écrit que 35 000 participants ont pris le départ, et Running Attitude compte 29 131 arrivées. Les sources ne disent pas combien d'inscrits sont restés chez eux ou ont abandonné en route.

Les départs étaient échelonnés. Après le départ des élites à 9 h, les autres coureurs sont partis par vagues, avec 60 départs espacés de deux minutes, d'après Sportmag. Dans ce système, chacun court avec son propre chrono, même au milieu de milliers d'autres, et le dernier départ n'a pas le même horizon que le premier: l'un regarde la montre, l'autre regarde la distance qui reste.

Courir à deux : une étude qui donne un résultat contraire à l'intuition

C'est là que la recherche apporte un contrepoint. Une équipe de l'université technologique de Nanyang, à Singapour, a publié dans l'International Journal of Human-Computer Interaction une expérience de trois mois, que relaie CORDIS, le service d'information de la Commission européenne sur la recherche. Elle portait sur 240 participants mariés, vivant avec leur partenaire et âgés de 54 à 72 ans.

Tous ont reçu un appareil de suivi de l'activité et de la forme physique. Deux groupes de 30 couples s'entraînaient ensemble, deux groupes de 60 personnes s'entraînaient seuls, et la moitié des participants recevait un retour d'information en temps réel. Résultat: les personnes qui recevaient ce retour atteignaient plus souvent les seuils de 7 500 et de 10 000 pas par jour, et celles qui faisaient de l'exercice avec leur partenaire affichaient un niveau d'activité plus faible que celles qui le faisaient sans lui.

La chercheuse principale, la Dre Sapphire Lin, du SingHealth Centre for Population Health Research and Implementation, avance une explication: « Le participant moyen à notre étude a 60 ans et vit avec le même conjoint depuis 30 ans ». Selon elle, ces participants ont des habitudes installées qui n'incluent pas forcément l'exercice avec leur partenaire. Elle conclut qu'il peut être plus efficace de « se concentrer sur la modification de leurs propres habitudes plutôt que d’essayer de faire de l’exercice en couple ».

Les limites tiennent dans les chiffres mêmes: un échantillon de 240 personnes à Singapour, des participants de 54 à 72 ans mariés de longue date, trois mois de mesure, et une activité mesurée en pas quotidiens plutôt qu'en kilomètres de course. Le résumé de CORDIS ne mentionne pas le financeur de l'étude. Une corrélation observée à cet âge ne dit rien d'un couple de trentenaires qui s'inscrit ensemble à un dossard.

Elle ne dit pas non plus que le sport à deux est inutile. En 2015, Destination Santé rapportait que le Pr Laura Cobb et ses collègues de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health avaient exploité les données de l'étude ARIC, lancée en 1987 dans le Maryland, auprès de 3 621 adultes d'âge moyen. Leur conclusion, telle que l'article la résume, est que le couple reste un excellent moyen de s'entraîner mutuellement à bouger davantage. Le reste de l'article est réservé aux abonnés.

Deux études, deux sens opposés, deux populations très différentes: le départ à deux n'est ni une garantie ni un piège. Ce qui compte pour qui s'élance est ailleurs, dans la façon dont chacun se donne une raison de partir.

Une course aux couleurs d'une mutuelle

Cette 48e édition était la première sous les couleurs d'Harmonie Mutuelle, nouveau partenaire titre de l'événement, selon Running Attitude. Le chiffre de plus de 900 salariés, délégués, clients et partenaires de la mutuelle ayant couru vient de Référence Trail. Stéphane Diagana, double champion du monde du 400 m haies, est présenté sur le site de la course comme ambassadeur sport et santé de la mutuelle et parrain de l'édition 2026.

Le site de la course lui attribue cette phrase, en anglais: « Moving more isn’t about performance. It’s about preserving your health, today and tomorrow. » Elle est signée de l'ambassadeur de la mutuelle qui donne son nom à la course: un message de santé, porté par le partenaire titre.

La course porte aussi une cause. Marathons.fr indique que l'Association Grégory Lemarchal, engagée contre la mucoviscidose, était soutenue en 2026, avec 3 euros reversés par inscription individuelle et 12 euros par pack de préparation.

Au village de la course, un concours offrait des dossards pour l'édition 2027 de l'Harmonie Mutuelle 20 km de Paris, d'après la page d'informations pratiques de l'organisation. Aucune date n'est donnée pour l'ouverture des inscriptions de la suivante.

Sources

La version audio de cet article est lue par une voix de synthèse générée par IA.

Persona IA générée : ni la personne de cet article, ni une personne réelle.