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Alexia Barrier publie le récit à huit, puis prend seule la barre d'un Ultim le 1er novembre

Alexia Barrier publie À jamais les premières chez Glénat le 14 octobre 2026, sur un tour du monde à huit en 57 jours, 21 heures et 20 minutes. Le 1er novembre, elle part seule de Saint-Malo sur le même trimaran de 32 mètres.

Illustration : Reflets / Strugggl

Alexia Barrier sort le 14 octobre 2026, chez Glénat, À jamais les premières, 256 pages sur le tour du monde que huit navigatrices ont bouclé en 57 jours, 21 heures et 20 minutes. Le 1er novembre, elle quittera Saint-Malo seule, sur le même trimaran de 32 mètres, pour la Route du Rhum.

Un récit en trois temps, signé de la capitaine

Le livre alterne les carnets de bord tenus pendant la tentative de Trophée Jules Verne et des textes rédigés à terre, selon SportBusiness.Club, qui le présente le 13 octobre 2026. Il revient aussi sur les deux années de préparation, de la recherche d'un bateau et de partenaires jusqu'à la constitution d'un équipage international de huit navigatrices. Le volume est illustré de photos prises à bord et coûte 26 euros.

Le critique de Bateaux.com, François-Xavier Ricardou, publie le même jour une lecture plus pointilleuse. Il salue la maquette, trouve que l'imbrication des trois parties (le journal de bord, les réflexions écrites après le retour, puis la préparation du projet) déstabilise un peu, et retient une leçon : la réussite repose sur la solidité de l'équipage et de l'équipe à terre. Huit femmes ont partagé près de 58 jours dans un espace restreint, sur un maxi-trimaran lancé autour du monde, et pour lui « la performance ne peut pas être seulement individuelle ». Le livre, ajoute-t-il, transmet bien cette dimension collective.

Ce même critique garde pourtant une réserve sur la personne qui signe.

Il aurait voulu comprendre la femme derrière le projet, ses ressorts intimes, ce que l'expérience a changé pour elle. Il conclut sur « celle d'avoir mieux découvert un équipage que la navigatrice qui l'a réuni ». Le livre est le récit de la skipper elle-même, donc sa version des faits, et le critique ne dit pas le contraire.

Brest, le 26 janvier 2026 : environ 200 personnes sur le quai

Le Trophée Jules Verne, créé en 1992, récompense le tour du monde à la voile en équipage le plus rapide, sans escale et sans assistance. Le parcours fait environ 21 760 milles nautiques, soit plus de 40 000 kilomètres, avec trois caps à franchir : Bonne-Espérance, Leeuwin et Horn.

L'équipage du Famous Project CIC a pris le départ le 29 novembre 2025, entre Ouessant et le cap Lizard. Début 2025, après 300 candidatures, le premier noyau de l'équipe s'était formé autour d'Alexia Barrier, raconte WTS, une société de coaching qui prépare physiquement la skipper et publie ce récit sur son propre site. Selon cette même page, seules 16 tentatives sur 35 avaient bouclé le tour depuis 1992.

Autour d'elle, WTS cite Dee Caffari, seule femme à avoir fait six tours du monde en solitaire et sans escale dans les deux sens, la triple olympienne Annemieke Bes, la championne olympique Tamara Echegoyen et l'Australienne Stacey Jackson. À l'automne 2025, à Brest, la préparation physique a mesuré la composition corporelle, le métabolisme de base, la VO2max, la force et l'équilibre de chacune, avec l'objectif de recueillir des données en vue de publications scientifiques ultérieures. Aucune publication n'est citée par la page.

Le 12 décembre, dans l'Atlantique Sud, une pièce unique de la grand-voile casse et ne peut être ni réparée ni remplacée. Au cap de Bonne-Espérance, le 16 décembre, après de longues heures d'hésitation, l'équipe décide de continuer avec un bateau diminué de moitié, et, dit WTS, « l'idée de battre le record s'envole ». Le 21 janvier, la grand-voile se déchire encore, et l'équipe se met à l'abri à la latitude des Açores pour éviter le gros de la tempête Ingrid.

Elles arrivent à Brest le lundi 26 janvier, quai Malbert, peu avant 17 heures. La veille, Thomas Coville avait établi le record absolu du Trophée Jules Verne en 40 jours, 10 heures, 45 minutes et 50 secondes, devant des milliers de spectateurs. Pour le Famous Project, ICI Breizh Izel compte environ 200 personnes sur le quai, sous la pluie.

Le chrono n'était pas pour elles. Le tableau des premières, si.

Une Brestoise prénommée Enora a dit à ICI Breizh Izel : « Elles montrent la voie à suivre. » Alexia Barrier, elle, a expliqué qu'elle tenait à la dimension féminine du projet parce que « on a besoin de représentations féminines à haut niveau », sans vouloir genrer le sport, seulement donner l'impulsion à de jeunes femmes de se lancer. Elle n'a pas fermé la porte à une suite : « C'est en répétant l'exercice qu'on arrivera à être meilleures et peut-être qu'un jour une femme gagnera le Trophée Jules Verne. »

Maïwenn Deffontaines, navigatrice malouine qui vise une qualification olympique en 49er FX, a rappelé sur place que les autres équipages ne comptaient aucune femme, et qu'il restait une grosse marge de progression. Elle a ajouté que les lignes évoluent, mais que l'on est encore loin du compte.

Le critique de Bateaux.com tire la même ligne : les performances chronométriques sont faites pour être améliorées, écrit-il, alors qu'une première conserve sa place dans l'histoire.

Cent kilos de voile, cinquante-cinq kilos de skipper

Neuf mois après son retour, la skipper a changé de format. Dans une dépêche Reuters publiée le 11 octobre 2026, Alexia Barrier présente le trimaran IDEC Sport-CIC comme la plus grosse machine de la course au large mondiale, dont il n'existe selon elle que huit exemplaires. Le bateau mesure 32 mètres de long et 23 mètres de large, avec un mât de 34 mètres au-dessus de l'eau.

Face à ce géant, elle garde l'humour. Une voile pèse plus de 100 kilos, a-t-elle dit à Reuters, et elle-même en pèse 55. Une erreur à cette vitesse peut abîmer le bateau, et la skipper avec. Lors d'un entraînement au large de Brest, le trimaran a vite accéléré vers 23 nœuds dans une brise légère. Il a déjà atteint environ 46 nœuds, un record dont elle rit en disant qu'il faut être un peu fou pour tenir la barre à cette allure.

Le plus frappant est ailleurs. La skipper raconte que, depuis son retour du Trophée Jules Verne, la course en solitaire lui paraissait évidente, mais qu'en navigant seule elle a l'impression de revenir d'une autre vie. Elle manque à ses équipières, et il lui arrive de chercher l'une d'elles du regard à son poste habituel, sans la trouver. Elle travaille encore sur la playlist qui l'accompagnera pendant environ une semaine en mer.

En solitaire, le skipper doit assurer en même temps la navigation, les réglages, la météo, les réparations et le sommeil, rappelle Bateaux.com (article du 9 juillet 2026). La plateforme a gagné trois fois la Route du Rhum : sous les couleurs de Groupama 3 en 2010 avec Franck Cammas, de Banque Populaire VII en 2014 avec Loïck Peyron, puis d'IDEC SPORT en 2018 avec Francis Joyon.

La préparation annoncée à l'été comprenait des navigations avec Loïck Peyron et Brian Thompson, plusieurs séances en configuration faux solo pour reproduire les conditions de course, et un programme de cent jours de préparation physique, mentale et de nutrition.

Quand le budget a manqué, le projet a changé de bateau

Le chemin n'a pas toujours été le même. En 2021, Alexia Barrier a terminé le Vendée Globe à la 24e place sur 33, en 111 jours, 17 heures et 3 minutes, avec le bateau le plus ancien de la flotte et un financement bouclé seulement quelques mois avant le départ, selon la fiche Wikipedia de la navigatrice. Reuters la compte parmi les 13 femmes seulement à avoir terminé cette course.

Selon WTS, elle voulait refaire le Vendée Globe 2024, mais n'a pas trouvé le budget d'un bateau compétitif. Début 2022, elle a changé de stratégie et lancé le projet d'un tour du monde en équipage entièrement féminin. Côté Reuters, entrer dans la classe Ultim exigeait d'avoir l'expérience, mais aussi l'argent et l'équipe, ce qu'elle appelle l'élite de la voile.

Debout sur le ponton de Brest, elle a dit avoir pensé qu'elle avait vu trop grand, puis elle a souri, rapporte Reuters. Elle ajoute que si la magie opère, une place sur le podium serait formidable, et qu'il est important de s'autoriser à rêver grand. La skipper précise aussi que, si elle est la première, c'est pour ouvrir un chemin à d'autres femmes ou à des petites filles qui se demandent si elles doivent essayer.

La suite est datée. Selon Bateaux.com, la Route du Rhum n'est que la première étape d'un programme jusqu'en 2028, avec des tentatives de records, de grandes courses océaniques et un nouveau départ sur le Trophée Jules Verne comme objectif affiché. Elle a aussi annoncé sa présence au départ de l'Arkéa Ultim Challenge, le tour du monde en solitaire des géants des mers, dont la deuxième édition doit s'élancer de Brest début janvier 2028, d'après ICI.

Avant cela, le départ de la Route du Rhum est fixé au 1er novembre 2026 à Saint-Malo, direction Pointe-à-Pitre.

La version audio de cet article est lue par une voix de synthèse générée par IA.

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