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À Melbourne, dix jours pour adultes s'ouvrent le 8 octobre avec six principes affichés

Du 8 au 18 octobre 2026, un festival australien pour adultes occupe plusieurs salles de Melbourne. Ses organisateurs affichent six principes, dont l'accord verbal explicite, et précisent que le consentement peut être retiré à tout moment.

Illustration : Reflets / Strugggl

Dix jours de soirées, d'ateliers et de salon de créateurs réservés aux adultes s'ouvrent le 8 octobre 2026 à Melbourne, dans l'État australien de Victoria. Le site des organisateurs affiche six principes, dont le premier demande un accord verbal explicite. L'événement court jusqu'au 18 octobre.

Un programme de dix jours aux dates fixes

Le festival se présente lui-même comme un rendez-vous de la communauté alternative australienne, ouvert aux habitués comme aux curieux, et fixe ses principaux rendez-vous sur sa page 2026. Le 8 octobre 2026, une soirée de lancement se tient au Pandora Nightclub, au 127 Dorcas Street, à South Melbourne. Le samedi 10 octobre 2026, de midi à 19 heures, un salon de créateurs occupe l'hôtel de ville de Collingwood, au 140 Hoddle Street, à Abbotsford. Les organisateurs y annoncent plus de 60 stands, des démonstrations toutes les heures et un défilé de clôture.

Le 11 octobre 2026, une rencontre dite Munch est prévue, puis une série d'ateliers court du 11 au 16 octobre 2026.

Les deux derniers jours, les 17 et 18 octobre 2026, des ateliers de week-end se tiennent au Second Story Studios, au 222a Johnson Street, à Collingwood. Une soirée est programmée le 17 octobre 2026, de 20 h 30 à 2 heures, avec 500 billets au maximum, à 75 dollars sans réduction, et la page précise que l'événement est strictement réservé aux plus de 18 ans.

Le salon du 10 octobre 2026 vendait ses billets 35 dollars en prévente et 40 dollars à la porte.

Un concours de tenues y est présenté comme proposé par Adult Match Maker, un nom que la page ne décrit pas.

Beat Magazine a publié le 6 octobre 2026 un article qui détaille ce programme et le présente comme un événement qui accueille les débutants aussi bien que les habitués. Le texte précise qu'il a été réalisé en partenariat avec le festival : c'est une annonce, pas une enquête. Il range la communication, le consentement et la sécurité parmi les sujets des ateliers, et dit que le consentement et le respect sont posés au centre de tout le programme.

Six principes sur une affiche et une règle de retrait

Le cadre tient en six lignes, répétées sur la page d'accueil, sur celle du salon et sur celle de la soirée du 17 octobre : chercher un accord verbal explicite, communiquer clairement, connaître les risques, connaître ses limites, se respecter et respecter les autres, répondre de soi-même et de ceux dont on a la charge.

La page de la soirée du 17 octobre 2026 est plus précise que la devise. Elle pose que « Consent must be enthusiastic and freely given. » et que « Consent may be withdrawn at any time. ». Elle ajoute que « Clothing does not equal consent. », une phrase que le droit met plusieurs paragraphes à écrire. Le consentement s'applique aussi aux affaires d'autrui, puisque toucher les affaires d'une personne sans son accord explicite est interdit au même titre que toucher la personne.

La même page contient une politique de photographie. Seuls des photographes désignés, clairement identifiables, peuvent porter un appareil. Ils demandent un accord verbal avant chaque cliché. Quiconque porte la main à son visage à l'approche d'un photographe n'est pas photographié, et une image déjà prise est effacée sur place. Les organisateurs disent que 80 % des images prises montrent des artistes, le reste des invités consentants qui posent. Les appareils personnels sont interdits dans les zones d'activité, et un autoportrait n'est toléré que si toutes les personnes cadrées y consentent clairement. La page de la soirée précise aussi qu'il y a « absolutely no pressure to play » : des zones de la salle sont sans activité. Elle annonce des moniteurs de sécurité identifiables et abordables.

Ce que le droit de l'État de Victoria exige depuis juillet 2023

Le festival se tient dans un État dont le droit du consentement a changé il y a peu. Un rapport de 2021 de la Commission de réforme du droit de l'État (VLRC) a ouvert la voie à un modèle de consentement affirmatif.

Le cabinet Moores écrit que le Parlement a adopté la loi correspondante le 30 août 2022. Les nouvelles règles sont entrées en vigueur en juillet 2023, d'après le cabinet Go To Court Lawyers.

Le modèle déplace la charge. Selon Moores, il oblige chaque personne à rechercher activement l'accord de l'autre au lieu d'attendre qu'il soit donné, et le Crimes Act 1958 demande à qui invoque un accord de montrer qu'il l'a cherché.

Go To Court Lawyers précise que le consentement est défini comme un accord libre et volontaire, qu'une absence de résistance verbale ou physique ne vaut pas accord, et qu'une personne qui croyait à un accord mais n'a rien fait pour s'en assurer ne peut pas invoquer cette croyance pour sa défense.

Le rapport du VLRC décrit le consentement comme continu et performatif : les signes d'accord doivent être donnés activement avant et pendant l'acte.

Il reprend aussi, dans sa liste des situations où il n'y a pas d'accord, le cas d'une personne qui consent puis retire son accord pour que l'acte commence ou se poursuive.

Les six principes affichés à Melbourne et la règle de retrait de la soirée du 17 octobre recoupent donc le droit local, sans le remplacer. Une affiche peut dire ce que le droit dit, elle ne dispose d'aucune des sanctions qu'il prévoit.

Une nuance vient du rapport lui-même. Le VLRC a entendu des organisations de défense des victimes qui jugent que le langage du retrait d'accord affaiblit le modèle communicatif : selon l'organisation Rape & Sexual Assault Research & Advocacy, c'est à l'initiateur de chercher un accord continu, sans que l'autre personne ait jamais à démontrer son refus. La règle du festival, écrite comme un droit de retirer son accord, se place dans le vocabulaire que cette critique discute.

Ce que la psychologie reproche au seul accord verbal

Le premier principe affiché demande un accord verbal explicite. Une revue de la littérature publiée le 19 février 2020 dans Frontiers in Psychology par Ramon Flecha, Gema Tomás et Ana Vidu, de l'Université de Barcelone, invite à ne pas s'en tenir là. Les auteurs constatent que le consentement a surtout été centré sur le langage, avec des formules comme « anything less than yes is no », et jugent que cela ne règle pas la plupart des difficultés rencontrées, notamment dans l'affaire espagnole dite de La Manada.

Leur thèse place le problème dans les actes de communication, et pas seulement dans les paroles. Un oui peut être prononcé sans qu'il y ait consentement, écrivent-ils, si ce oui est donné dans une relation déterminée par un pouvoir institutionnel, comme celui d'un recruteur sur un candidat, ou par un pouvoir d'interaction, comme une menace de chantage. Ils concluent que le consentement doit être affirmatif, accordé, libre, informé, sans contrainte, et valable du début à la fin de chaque rencontre intime.

Les limites sont nettes. Il s'agit d'une revue, qui présente les résultats d'une ligne de recherche des auteurs eux-mêmes, publiée en 2020. Les cas qu'elle analyse portent sur la contrainte, et aucun ne concerne un festival comme celui de Melbourne ni la communauté qu'il rassemble. Elle ne dit donc rien de la manière dont les participants appliquent leurs principes.

La lecture reste instructive : la règle qui ouvre l'affiche, l'accord verbal, est la partie que cette recherche tient pour insuffisante à elle seule, et la règle du retrait va dans le sens d'un consentement tenu du début à la fin.

Qui fait respecter le cadre

Le programme ne dit pas qui tranche en cas de litige pendant les dix jours, ni quelle sanction attend une personne qui enfreint la règle. Les organisateurs mentionnent des personnes chargées de la sécurité sur la soirée du 17 octobre et une adresse de courriel pour demander le retrait d'une image. Rien de comparable n'est indiqué sur la page du salon du 10 octobre.

Les pages disent aussi peu de choses des éditions précédentes : aucun rapport d'incidents, aucune enquête auprès des participants, aucun avis extérieur. Les chiffres cités ici, 60 stands, 500 billets, 80 % de photos d'artistes, viennent des seuls organisateurs.

Le festival ouvre le 8 octobre 2026 et ferme le 18 octobre 2026 avec les ateliers de week-end du Second Story Studios.

Sources

La version audio de cet article est lue par une voix de synthèse générée par IA.

Persona IA générée : ni la personne de cet article, ni une personne réelle.