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Le salon Eros est revenu à Liège après sept ans, « repensé » et « encadré »
Le salon Eros a rouvert à Liège Expo du 2 au 4 octobre 2026, pour la première fois depuis 2019, avec un concept que La Meuse dit « entièrement repensé ». Le cadre annoncé sur l'affiche, la loi belge sur le consentement le fixe depuis 2022.

Le salon Eros a bien rouvert à Liège Expo, du vendredi 2 au dimanche 4 octobre 2026, pour sa douzième édition et la première depuis 2019. Dans son reportage publié le 4 octobre, La Meuse décrit un événement « entièrement repensé », avec « une volonté affichée de miser davantage sur l'élégance, la diversité et le côté festif ». Les organisateurs avaient résumé leur offre d'une formule : « Une expérience brûlante mais encadrée ».
Sept ans d'absence, une crise sanitaire et une halle démolie
La dernière édition remontait à 2019. Selon La Meuse, la crise sanitaire, puis la destruction de l'ancien hall des foires, ont mis l'événement entre parenthèses. L'édition 2026 s'est donc installée à Liège Expo, au Convention Center.
La page de l'organisateur donne les horaires : le vendredi 2 octobre de 17 h à 2 h du matin, le samedi 3 de 16 h à 2 h, le dimanche 4 de 13 h à 22 h. L'âge minimum affiché est de 18 ans, l'événement étant réservé aux adultes.
Dans les allées : boutiques, jeux et deux espaces à part
L'événement se présentait comme dédié à « l'univers de l'érotisme et du bien-être pour adultes ». Les allées tenaient du marché : lingerie, vêtements, huiles de massage et accessoires, et des rencontres avec des professionnels du secteur.
Le reste tenait de la fête foraine : des jeux, dont une pêche aux accessoires, des bars, un théâtre de la séduction, des concours, et des soirées dansantes jusqu'à 5 h le vendredi et le samedi, avec une entrée « after » à 10 euros après minuit.
Deux espaces avaient leur propre porte. Un espace libertin, monté avec le Phenix club de Blegny, partenaire du salon. Et un village consacré aux jeux de pouvoir consentis. Le vendredi était annoncé comme une soirée LGBT, le samedi comme une soirée Coyote.
Un parrain artiste du feu, une élection le dimanche
Le feu tenait la scène. L'organisateur annonçait une édition plongée « dans l'univers du feu », et c'est ce volet que son programme détaille le plus. Le parrain était Amon Ra, artiste international que sa page présente comme « Maître du feu », vainqueur du « Best Artist European Adult Award 2025 », et qui dit s'être produit dans plus de 15 pays. La marraine, Mère Dragon, est présentée comme une artiste spécialisée depuis 11 ans dans les arts du feu, la pole-dance et les arts aériens. La page des artistes annonçait aussi des numéros de feu (Devil's Doll, The NorthMan, Lilou) et un spectacle burlesque (Sinfuldoll).
Le dimanche 4 octobre, le programme prévoyait l'élection de Miss et Mister Eros 2026.
Un public de couples, dit l'organisateur
L'organisateur Jonas Petit ouvre sur la réputation du salon. « Historiquement, on a beaucoup eu l’image d’un événement rassemblant un public un peu bizarre voire glauque. Ce n’est pas le cas. » Il décrit ensuite ses visiteurs : « Nos visiteurs viennent plutôt en couple, de 30 à 60 ans, principalement guidés par la curiosité et l’envie de passer une bonne après-midi ». Et d'ajouter : « on a autant d’hommes que de femmes ».
C'est le portrait que l'organisateur fait de sa propre clientèle, sans enquête publiée sur le public du salon ni sur celui des éditions passées. Avant l'ouverture, il disait attendre au moins 7 000 personnes, toutes majeures, « comme auparavant » : une attente annoncée, pas une fréquentation mesurée.
Le cadre, mot par mot
Un mot revient : « encadrée ». La page de l'organisateur l'écrit en toutes lettres : « Le Salon Éros 2026 se déroule dans un cadre sécurisé, réservé aux adultes, avec une équipe et des partenaires soigneusement sélectionnés ». Elle demande ensuite au public de respecter les consignes sur place, sans dire lesquelles.
Pour la règle du jeu entre visiteurs, il faut se tourner vers Jonas Petit. À la question de savoir si tout est permis, il répond : « Tout le monde est le bienvenu, dans la diversité. Mais dans le respect de l’autre. » Et de poser la limite : « Pas de nudité, mais on peut être habillé très légèrement ou même se déguiser ».
Le billet du salon coûtait 20 euros en prévente et 25 euros sur place pour un jour, 42 et 50 euros pour le week-end. Deux espaces avaient leur propre entrée, en supplément : un espace libertin et un espace consacré aux jeux de pouvoir consentis, chacun à 10 euros en prévente et 12 euros sur place pour un jour. Payer une seconde fois avant de passer une porte est un accord donné à l'avance, ce qui n'est qu'une moitié du sujet : ce qui compte, c'est ce qui se passe quand l'un des deux visiteurs change d'avis une fois à l'intérieur. Le programme annonce un cadre sans détailler qui le fait respecter, comment alerter quelqu'un, ni ce que l'équipe fait quand le désaccord se produit.
Un cadre annoncé sur l'affiche reste une intention, tant qu'on ignore qui la fait appliquer. Il devient une règle quand quelqu'un, sur place, porte la responsabilité de la faire respecter, et que le visiteur sait à qui s'adresser.
Ce que la loi belge exige de tout accord
À Liège comme ailleurs en Belgique, le consentement a une définition écrite. La loi du 21 mars 2022, publiée au Moniteur belge le 30 mars 2022, insère dans le Code pénal un article 417/5 qui dispose que le consentement « suppose que celui-ci a été donné librement ». Le texte ajoute qu'il est apprécié au regard des circonstances de l'affaire, et qu'il « ne peut pas être déduit de la simple absence de résistance de la victime ».
La troisième phrase de l'article est celle qui intéresse un lieu où l'on vient à deux : « Le consentement peut être retiré à tout moment » avant ou pendant l'acte.
Autrement dit, l'accord donné à l'entrée d'une salle, ou à la porte d'un espace payant, ne vaut pas pour la suite de la soirée.
La réforme s'applique depuis le 1er juin 2022, le texte prévoyant une entrée en vigueur le premier jour du troisième mois suivant sa publication.
Marie Claire résume l'esprit du texte en une phrase : le consentement « doit être verbalisé et positif », et l'ancien « qui ne dit mot consent » n'a plus cours. Le site Maintenant j'en parle précise que le consentement est spécifique, que consentir à une pratique ne vaut pas accord pour toutes les autres, et qu'être en couple ne dispense pas de le demander.
Ces deux dernières lectures sont celles de médias et d'associations, pas du texte de loi. Elles disent comment la règle est comprise, pas comment un juge l'appliquerait à un cas précis.
En France, une définition plus récente et plus détaillée
Pour les lecteurs français, la comparaison se fait avec la loi n° 2025-1057 du 6 novembre 2025, qui modifie l'article 222-22 du Code pénal. Le texte pose que « le consentement est libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable », et qu'il ne peut être déduit du seul silence ou de la seule absence de réaction de la victime. Selon l'analyse publiée par Lexbase, la France devient avec cette loi le 17e pays de l'Union européenne à inscrire le consentement dans la définition légale de ces infractions.
La Belgique a donc écrit sa définition plus de trois ans avant la France.
Les deux textes se rejoignent sur le fond : un accord donné librement, que le silence ne remplace pas, et que l'on peut reprendre.
Reste la question de la preuve. L'auteur de l'analyse de Lexbase juge incertain que prouver l'absence d'un accord soit plus simple que prouver la violence, la contrainte, la menace ou la surprise, et il estime que la preuve de l'intention de passer outre restera la plus difficile à apporter. Une définition fixe le critère, pas l'issue quand deux versions s'opposent.
Un modèle que partagent les salons de la saison
Le salon de Liège suit une formule que l'on retrouve ailleurs cette saison : une entrée générale autour de 20 euros, et un espace thématique en supplément. Chez Erosexpo, à Lyon et à Rouen, l'entrée de deux jours coûte 20 euros en ligne, et le pass qui ouvre l'espace thématique 36 ou 38 euros. L'Erotix de La Louvière vend lui aussi son village en supplément.
Le vocabulaire du bien-être gagne les affiches. Erosexpo présente son étape lyonnaise comme « le salon de l'érotisme et du bien-être sensuel », comme Liège parlait d'érotisme et de bien-être pour adultes.
Les artistes circulent d'un salon à l'autre. Mère Dragon, marraine à Liège, figurait en février parmi les artistes du grand podium d'Erosexpo à Rennes, où plus de 5 000 personnes sont venues en deux jours selon Bretagne Plus. Les stands se ressemblent d'un salon à l'autre : accessoires intimes, gravures personnalisées, tatouages et lingerie à Rennes, lingerie, vêtements et huiles de massage à Liège.
Prochaine étape en Belgique : l'Erotix de La Louvière, à Louvexpo, du 30 octobre au 1er novembre 2026.
La version audio de cet article est lue par une voix de synthèse générée par IA.