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The Love Hypothesis : sur Prime Video, une doctorante fait semblant de sortir avec un professeur
Sorti le 23 septembre 2026 sur Prime Video, The Love Hypothesis menait dès le lendemain le classement des films dans 49 pays. La critique est partagée, et Ali Hazelwood publie une suite en roman le 2 février 2027.

Olive Smith, doctorante en biologie à Stanford, embrasse sur un coup de tête le professeur que tout le département redoute. Ainsi commence The Love Hypothesis, mis en ligne par Prime Video le 23 septembre 2026, qui menait dès le lendemain le classement de ses films dans 49 pays, dont la France.
Deux esprits en faux couple
Olive, jouée par Lili Reinhart, découvre que sa meilleure amie, Anh, est tombée amoureuse du garçon sur lequel elle avait elle-même des vues. Pour prouver qu’elle est passée à autre chose, elle embrasse Adam Carlsen, joué par Tom Bateman, que ses étudiants surnomment « Dr. Evil », selon The Hollywood Reporter. Le baiser débouche sur une fausse relation avec des règles, qui arrange les deux.
Le film est réalisé par Claire Scanlon, d’après un scénario de Sarah Rothschild, avec Ali Hazelwood au nombre des scénaristes, selon Nine.com.au. Il dure 1 h 50 et porte la mention R aux États-Unis.
Notre angle, pas celui du film : aucune étude récente sur la sapiosexualité, l’attirance par l’esprit, ne nous est tombée sous la main, et le lien avec cet archétype est le nôtre. L’histoire s’y prête pourtant, puisque ses deux héros se cherchent d’abord par la répartie. Même la musique s’y met : Claire Scanlon a expliqué à TV Insider que la compositrice Laura Karpman avait utilisé des sons de béchers et d’autres objets de laboratoire pour dire l’intelligence et la vivacité d’Olive et d’Adam.
D’une fan fiction Star Wars à Prime Video
L’histoire n’a pas commencé à Stanford. En 2018, l’autrice a publié sur le site Archive of Our Own, sous pseudonyme, une fan fiction intitulée Head over Feet, une romance entre Rey et Kylo Ren, les deux personnages de la dernière trilogie Star Wars, que les fans appellent « Reylo ». Selon JeChange, une agente littéraire l’a contactée en 2020, le texte a été réécrit sans les références à la saga, et le roman est paru le 14 septembre 2021.
Ali Hazelwood est un pseudonyme : derrière lui se trouve une Italienne qui a fait un doctorat en neurosciences aux États-Unis, puis enseigné à l’université, d’après le quotidien catalan Ara. Le roman est resté plus de 40 semaines sur la liste des meilleures ventes du New York Times, rappelle The Cut, et l’ensemble de ses livres a dépassé 10 millions d’exemplaires, selon The Hollywood Reporter.
Le succès du livre tient aussi à son moment, selon l’autrice citée par The Cut : il est sorti en pleine pandémie, quand les lecteurs cherchaient une distraction, et les romances recevaient alors beaucoup d’affection sur les réseaux sociaux. En France, il est publié chez Hauteville, d’après JeChange.
Le couple de départ a lui-même une généalogie littéraire. The Cut rappelle que les fans surnomment Kylo Ren « Space Darcy » et que le réalisateur de Star Wars : Les Derniers Jedi, Rian Johnson, aurait confirmé en 2021 le parallèle avec Orgueil et Préjugés, selon un échange rapporté par l’écrivaine Sariah Wilson. C’est une chaîne de reprises : un roman de Jane Austen, un film de science-fiction, une fan fiction, un roman, puis un film.
Le film est en préparation depuis 2022. Le 16 juillet 2025, Lili Reinhart annonçait qu’elle jouerait Olive et serait productrice exécutive de l’adaptation. Le choix de Tom Bateman a fait réagir : il est le mari de Daisy Ridley, qui jouait Rey. Il a raconté à un podcast, cité en français par Elle, qu’il n’avait pas mesuré l’ampleur de l’affaire avant la promotion. « Ça a l’air fou, mais en même temps, on ne peut même pas le prévoir », a-t-il dit. Daisy Ridley, interrogée en novembre 2023 sur le livre, y voyait une chose très excitante, selon The Cut, qui note qu’elle ne le connaissait alors pas. Le film n’a pas pu citer Star Wars pour une question de droits d’auteur, a ajouté Claire Scanlon, et réserve ses clins d’œil à la bande-son, dont des hommages au compositeur John Williams pendant les scènes d’Adam.
Pourquoi la formule fonctionne
AlloCiné résume ce que le film réunit : du fake dating, de la proximité forcée, de l’humour et de la tension amoureuse. Le fake dating, c’est le faux couple : deux personnes jouent la comédie du couple devant les autres, et le jeu finit par brouiller leurs propres sentiments.
The Cut range le roman dans une famille de ressorts bien connue des lecteurs de fan fiction : ennemis qui deviennent amants, grincheux et solaire, cadre universitaire. Les héroïnes d’Ali Hazelwood sont toutes des scientifiques, et leurs difficultés à se faire une place dans des milieux dominés par les hommes reviennent souvent dans ses livres, ce qui lui a valu l’étiquette « STEMinist ». AlloCiné note que le film ne réduit jamais Olive à sa vie sentimentale : ses recherches comptent autant, et Adam ne lui demande jamais de choisir entre sa carrière et lui.
La promotion a elle aussi joué sur les codes des lecteurs. Lili Reinhart a publié pendant le tournage, à Montréal, des vidéos de la distribution reprenant des tendances de TikTok. Celle où elle rejoue avec Tom Bateman le geste du porté d’un bras a recueilli 10,6 millions de « j’aime » en moins d’une semaine, selon The Cut.
Quant à la musique de la scène où l’amour s’installe, c’est « Head Over Heels » des Go-Go’s, un titre qui rappelle celui de la fan fiction d’origine. Interrogée par Entertainment Weekly, Lili Reinhart a dit ne pas savoir si c’était voulu : la réalisatrice avait choisi la chanson dès le tournage.
Une critique partagée
Sur Rotten Tomatoes, le film recueille 75 % d’avis favorables sur 56 critiques, et le site résume : formule connue, mais humour et alchimie palpable entre les deux acteurs, pour un film réconfortant. Metacritic lui donne 59 sur 100, selon JeChange.
Les avis individuels s’écartent beaucoup. Jared Richards, de The Age, lui met 3 sur 5 et le décrit comme aussi léger et oubliable qu’une comédie romantique des années 2000, ce qu’il dit être un compliment. Le site 25 Years Later donne 3,5 sur 5, et regrette que l’intrigue de harcèlement universitaire, plus sombre que la promotion ne le laisse croire, soit expédiée trop vite. À l’autre bout, Erik Childress, du Movie Madness Podcast, n’accorde que 0,5 sur 4. Linda Holmes, de la Pop Culture Happy Hour de NPR, voulait aimer le film, mais trouve que son héroïne manque d’élan.
Chez les lecteurs du roman, les changements divisent. La journaliste de Nine.com.au, qui a lu le livre, juge que le film est meilleur parce qu’il s’en écarte : la scène embarrassante où Olive s’assoit sur les genoux d’Adam devant un amphithéâtre est remplacée par une version adoucie. Le chapitre 16, en revanche, reste tel quel, précise-t-elle.
AlloCiné, côté français, parle d’une adaptation réussie, qui garde l’esprit du roman malgré quelques longueurs et des sujets qui auraient mérité d’être creusés.
En France, un classement sans chiffres d’audience
Selon JeChange, qui s’appuie sur FlixPatrol, le film occupait le 24 septembre la première place des films de Prime Video dans 49 pays, dont la France, l’Italie et le Royaume-Uni. Le 28 septembre, il était deuxième du classement quotidien de JustWatch en France, tous services confondus, derrière une série de Netflix.
Ces classements donnent un ordre, pas une audience : Amazon ne publie aucun nombre de vues pour ses films, seulement des classements, précise JeChange. C’est une limite qu’il faut garder en tête avant de parler de succès.
Prime Video mise sur ce genre d’adaptations. Selon JeChange, cinq de ses films non anglophones sont tirés de romans de l’Espagnole Mercedes Ron.
La suite, déjà annoncée
Ali Hazelwood a annoncé une suite en roman, The Two-Body Problem, qui paraîtra le 2 février 2027. Elle écrit que le film et sa distribution lui ont fait retomber amoureuse d’Adam et d’Olive, et que le livre s’étend sur quelques années, entre vie quotidienne, désarroi de postdoctorante et la question de savoir quoi manger le soir.
MRC développe un film tiré de ce roman pour Amazon MGM Studios, mais l’autrice prévient que rien n’est garanti, selon The Hollywood Reporter.
La version audio de cet article est lue par une voix de synthèse générée par IA.