Cinq panels au départ, dix-huit à l'arrivée : à Rome, le cinéma italien parle contrats avec l'IA
À Rome, FUTURA26 a réuni les 28 et 29 octobre 2026 le cinéma italien sur l'IA : dix-huit panels, partis de cinq, et surtout des questions de contrats, d'étiquetage et de voix.

Dix-huit panels en deux jours : à Rome, FUTURA26 a réuni les 28 et 29 octobre 2026 le cinéma italien autour de l'intelligence artificielle (IA). Silvia Paonessa, fondatrice de l'organisateur CrewReel Services, dit être partie de cinq panels. Le fil conducteur, selon le compte rendu de clôture, a été le travail : ce qui change dans les départements, les contrats, les salles et les classes.
Cinq panels au départ, dix-huit à l'arrivée
«Avevamo iniziato a costruire il programma con cinque panel e siamo arrivati a diciotto», a déclaré Silvia Paonessa, selon le communiqué de clôture du 30 octobre 2026. Elle explique qu'il fallait voir tous les points de vue.
La manifestation, consacrée au cinéma, à l'innovation et aux technologies émergentes, s'est tenue dans deux lieux de la capitale italienne. Le Palazzo dello Spettacolo a accueilli surtout le marché, les droits et le positionnement du secteur. La Sala ANICA, du nom de l'association nationale des industries cinématographiques, a reçu les rencontres sur les outils, la formation et les technologies. CrewReel Services a organisé, avec le soutien de Cinecittà, les célèbres studios romains, et la direction scientifique de Dedalus, un centre de recherche sur les nouveaux médias.
Le programme avait été présenté à la presse au Sénat, au palais Carpegna. Parmi les intervenants des deux jours figurent des représentants du ministère de la Culture, de la Chambre des députés, du Parlement européen, de Google Italie, de YouTube, de Netflix, de Sony Pictures, de RAI Play, de Mediaset Infinity et d'Adobe.
Selon l'organisateur, la manifestation a enregistré plus de 300 inscriptions aux panels, de la part de plus de 250 professionnels représentant plus de 200 entreprises, institutions et organisations. L'entrée était gratuite, sur inscription, et les places limitées.
La peur, le vent et la pellicule
Le 28 octobre, Antonio Saccone, président de Cinecittà, a ouvert la discussion sur un sentiment qu'il juge répandu dans le secteur : la peur. Le sujet, dit-il, est la manière d'y réagir. Pour lui, l'IA est une épée de Damoclès qui changera tous les métiers, pas seulement ceux du cinéma. Sa réponse tient en une phrase : «L’unico modo per affrontarla è gestirla, con tutele e limiti alla sua applicazione.»
Saccone a aussi raconté la récente visite à Cinecittà de Ted Sarandos, codirecteur général de Netflix. Les studios ont accueilli le tournage d'Assassin's Creed pendant sept mois, jusqu'à la semaine précédente. Il rappelle que le réalisateur Luca Guadagnino a voulu tourner chez eux en pellicule, et estime que la création humaine, la fabrication et l'artisanat l'emporteront toujours.
Gabriella Buontempo, présidente du Centro Sperimentale di Cinematografia, l'école nationale de cinéma, a replacé le moment dans l'histoire du cinéma. Elle a cité Sénèque, «non si può fermare il vento con le mani», puis le train des frères Lumière, qui avait fait croire aux spectateurs qu'il fonçait sur eux. Elle a rappelé le passage du muet au parlant, la couleur, les acteurs de théâtre qui craignaient pour leur emploi.
Maurizio Forestieri, de Cartoon Italia, l'association de l'animation, parle d'un système qui devient chaque jour meilleur et dont on ne sait pas où il s'arrêtera. Cartoon Italia cherche à préserver le facteur humain, «non per una questione romantica, ma perché l’umano ha una storia, ha delle emozioni». Selon lui, l'IA surpassera peut-être l'humain en tout, mais elle n'aura jamais notre notion de la naissance et de la mort.
Une mention au générique, un registre par département
Le calendrier réglementaire a pesé sur les deux journées. Depuis le 2 août 2026, les obligations de transparence de l'article 50 du règlement européen sur l'IA s'appliquent. Les lignes directrices du ministère de la Culture demandent que l'usage de l'IA soit documenté pour obtenir le tax credit, le crédit d'impôt à la production.
Ce dernier point a une traduction concrète au programme. Le premier jour à 17 h 30, un atelier a porté sur la déclaration de l'IA dans une production : comment documenter les outils et les étapes du processus créatif, avec ce que CrewReel appelle une traçabilité département par département.
Le magazine Almanacco Cinema rappelle ce que le décret de 2024 sur le tax credit impose déjà aux bénéficiaires : indiquer au générique d'ouverture ou de fin les parties de l'œuvre ou les phases de travail où l'IA a servi. Les contrats avec les auteurs, interprètes et exécutants doivent aussi contenir des clauses leur permettant de refuser que leur œuvre, leur image ou leur prestation soient exploitées par des systèmes d'IA. En 2025, la direction générale du cinéma a publié des lignes interprétatives spécifiques.
L'auteur de l'article, Alessio La Barbera, en tire une phrase mordante : «la rivoluzione è già finita nei moduli da compilare». Il ajoute que le cinéma ne décide plus s'il accepte l'IA mais cherche à «stabilire il prezzo, le firme e le diciture necessarie perché il suo ingresso diventi normale».
Cette question d'étiquette dépasse le cinéma. Instagram affiche déjà une mention sur certains comptes de créateurs entièrement générés par IA, signe que la déclaration de l'artificiel est devenue une pratique de plateforme avant d'être un registre de production.
Voix, visages et signatures
Le second jour a tourné autour du droit.
Le 29 octobre, la matinée s'est ouverte sur le cadre européen. Le député Federico Mollicone, président de la commission Culture de la Chambre, était sur scène avec Rebecca Smith, de la Motion Picture Association, Diego Ciulli, de Google Italie, et les avocates Barbara Bettelli et Chiara Dellacasa. Brando Benifei, rapporteur du règlement sur l'IA au Parlement européen, intervenait en liaison. Fortune Italia avait annoncé un volet sur l'usage d'œuvres protégées pour entraîner les systèmes.
Mollicone a défendu une double orientation. Il a cité une réforme d'ensemble du secteur, fruit d'un dialogue avec le ministre Giuli, la sous-secrétaire Borgonzoni et plus de 50 catégories auditionnées. Il a ajouté une proposition de loi sur l'identité numérique, les données biométriques et le droit d'auteur. Sa formule : «l'algoritmo deve rimanere uno strumento al servizio della creatività italiana, mai il suo sostituto». Venait ensuite la séance la plus délicate, consacrée à la protection des professionnels sous l'AI Act, aux voix, aux visages et aux nouveaux droits. UNITA, l'Association nationale des acteurs doubleurs et la Writers Guild Italia y devaient parler de répliques synthétiques, de prestations artistiques et de contrats. Nous n'avons pas trouvé de compte rendu de ce que ces organisations y ont dit.
Almanacco Cinema place cette séance dans une chronologie. Aux États-Unis, la Writers Guild of America a obtenu en 2023 que le matériel généré par IA ne soit pas considéré comme matériau littéraire et qu'un auteur ne puisse pas être obligé d'utiliser des outils génératifs. SAG-AFTRA, le syndicat des acteurs, a négocié la même année des règles de consentement et de rémunération pour les répliques numériques. Hollywood y est arrivé après des mois de grève. L'Italie, écrit le magazine, y arrive avec des panels, un patronage ministériel et une inscription obligatoire.
L'écran avait aussi sa place : la première journée a programmé une sélection de courts métrages Ai.Motion, dont COSPLAI d'Anna Coccoli.
Des créateurs aux salles
Le 29 octobre, dans la Sala ANICA, un panel sur le passage des réseaux sociaux à la salle a réuni YouTube, des créateurs et des sociétés de production. Il était organisé par Carlo Rodomonti, président de l'union des éditeurs et créateurs numériques de l'ANICA. Andrea David Rizzi, responsable des partenariats médias et sports de YouTube pour l'Italie et le Portugal, figurait parmi les participants.
Rodomonti donne un exemple tiré du terrain. Un créateur propose sur une application de revoir Titanic au cinéma. Avec l'IA, on ouvre la précommande et, dit-il, «se si arriva a cinquanta, scatta la sala». Pour lui, les innovateurs ne sont pas une force destructrice et doivent être intégrés, au service de la salle. Fabrizio Larini, président de l'association des exploitants ANEC, en attend la même chose : repérer ceux qui ne vont plus au cinéma, les rejoindre avec d'autres outils de communication, et ajuster la programmation et les horaires au public de chaque film. Il a demandé un soutien pour un secteur qui, après des années de stagnation technique, doit investir de nouveau.
C'est là, plus que dans les ateliers sur les outils, que se joue la question de l'attention : qui la gagne, une plateforme, un créateur ou une salle, et qui la finance. Les sources ne donnent aucun chiffre d'audience sur ces projets.
Qui a payé la discussion
Le cadre institutionnel mérite d'être dit. FUTURA26 a reçu le soutien du ministère de la Culture et de Cinecittà, dont le président s'exprime sur le sujet. Eidos Film figure parmi les sponsors, Mad Genius, Caffè Borbone et United Studio parmi les partenaires techniques. Le site de MIA, marché audiovisuel international de Rome, conclut que la filière est déterminée à façonner la transformation plutôt qu'à la subir, un jugement d'organisateur.
Les chiffres de fréquentation viennent du seul organisateur. Quant aux panels, ils ont mêlé des plateformes qui déploient ces outils, des syndicats qui veulent en limiter l'usage et des élus qui préparent les textes. Almanacco Cinema en fait un constat : tous siègent dans le même écosystème, et l'IA entre au cinéma italien d'abord par des clauses, des mentions au générique et des cases à cocher.
Sources
- CinemaItaliano.info, communiqué de clôture de FUTURA 2026, 30 octobre 2026
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Persona IA générée : ni la personne de cet article, ni une personne réelle.