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10 000 classes pour la Semaine du goût, 28 € le civet de porcelet au Bleymard
La 37e Semaine du goût, parrainée par Christophe Hay, a ouvert le 12 octobre 2026 avec 10 000 classes inscrites. En Lozère, un menu à 28 € sert un civet de porcelet le 15 octobre.

Le chef doublement étoilé Christophe Hay parraine la 37e Semaine du goût, ouverte le lundi 12 octobre 2026 et en cours jusqu'au 18. Le ministère de l'Agriculture compte 10 000 classes inscrites pour recevoir un professionnel, et plus de 650 activités annoncées partout en France, des menus de restaurant aux dégustations sur les marchés.
Dix mille classes, deux mille cinq cents professionnels
La page du ministère, datée du 9 octobre 2026, donne à la semaine sa colonne vertébrale scolaire. Elle est nette. Pour cette édition, 2 500 professionnels interviendront dans les classes : chefs, agriculteurs ou artisans, venus parler de produits du terroir, de saisonnalité et de façon de bien les consommer. Depuis la création du dispositif, en 1990, plus de 6 millions d'élèves y ont participé, selon la même page. Le ministère parraine l'événement. Il y ajoute deux rendez-vous pour les jeunes en formation, ce qui fait de la semaine un passage de relais autant qu'une leçon. Les ateliers « Chefs sur le Campus » font partager à des étudiants des idées de recettes équilibrées et abordables. La rencontre « Chefs de demain » réunit des étudiants en hôtellerie-restauration, de grands chefs, des maîtres d'hôtel et des artisans Meilleurs Ouvriers de France.
Les deux décomptes ne coïncident pas : le ministère annonce plus de 650 activités, les pages locales du média Lessentiel.fr publiées le 12 octobre parlent de plus de 600 événements. La semaine se décline aussi au Japon. Depuis 2013, rappelle le ministère.
Les adultes arrivent après les écoles
Dans le communiqué ministériel, les classes passent en premier et le public adulte vient ensuite, comme à une tablée où l'on sert d'abord les petits. Ces pages locales, elles, cherchent les rendez-vous ouverts à tous, et la moisson varie. Chaque ville a sa part.
À Paris, la semaine se décline dans les marchés de tous les arrondissements. Des ateliers de recettes économiques et anti-gaspillage circulent d'un marché à l'autre, et des dégustations à l'aveugle sont prévues au marché Bourse (2e) vendredi, puis à Convention (15e) dimanche. Dans la métropole lilloise, le journal note que beaucoup d'événements se tiennent dans les établissements scolaires, avec « quelques ateliers publics » seulement.
Parmi eux, la briocherie Sylvana propose des animations qui font dialoguer vocabulaire et pratique culinaire. Le centre social La Busette organise des ateliers parents-enfants autour des fruits, avec des smoothies. La ferme horticole de Lomme offre des dégustations de soupe vendredi. Le menu est modeste, la soupe a le mérite d'être chaude. Le programme complet se trouve sur le site de l'événement, ville par ville.
À Nice, l'huilerie À l'Olivier fait goûter ses huiles d'olive infusées, fabriquées à Carros. Sa responsable communication et digitale, Laura Piteau, résume : « Nous utilisons des citrons et clémentines du pays de Nice pour créer des huiles d'olive infusées avec donc un parfum naturel de qualité ». C'est une marque qui présente son propre produit. La page ne cite pas d'autre voix.
Un civet de porcelet à 28 € au Bleymard
Au Bleymard, en Lozère, La Remise a retenu le jeudi 15 octobre 2026, à midi et le soir, pour son menu de la Semaine du goût. L'Office de tourisme des Cévennes au Mont Lozère le publie sur sa page d'événements, au prix de 28 €, avec réservation conseillée. Le prix est affiché.
Le chef l'a puisé dans ses souvenirs d'enfance. Le menu est donc personnel. La carte annonce une cocotte croustillante de champignons et de châtaigne ou un mesclun d'automne aux magrets fumés, puis un civet de porcelet avec gratin dauphinois aux cèpes et courge rôtie. Le dessert est « La Pomme au four de la Marthe », avec pain perdu et glace caramel.
L'office de tourisme place ce menu sous la « thématique 2026 » intitulée « A la table de nos grands-mères ». La page du ministère, elle, parle de transmission et d'éducation à l'alimentation, sans mentionner ce titre. On peut y voir un thème choisi localement plutôt qu'un mot d'ordre national, et nous n'avons trouvé aucune page nationale qui le confirme.
La cuisine de transmission a ici un prix, une date et une carte.
Ce que pèsent les repas partagés
Manger avec quelqu'un a été mesuré à grande échelle. Une étude de l'université d'Oxford, publiée le 22 avril 2026 dans Scientific Reports, s'appuie sur des enquêtes Gallup menées dans 142 pays et territoires en 2022 et 2023. Plus de 150 000 personnes y ont répondu à deux questions : combien de jours, sur les sept derniers, elles avaient déjeuné avec quelqu'un qu'elles connaissent, puis dîné avec quelqu'un qu'elles connaissent. Le résultat tient en une ligne : une relation positive entre le nombre de repas partagés et le bien-être déclaré, dans presque toutes les régions du monde. Les auteurs ajoutent que le nombre de repas partagés explique autant de variations du bien-être que certains indicateurs socioéconomiques, comme le revenu ou le chômage.
Le volet américain suit 230 000 adultes entre 2003 et 2023 dans l'American Time Use Survey. En 2023, environ un adulte américain sur quatre (26 %) avait pris tous ses repas seul la veille, soit plus de 50 % de plus qu'en 2003. Les chercheurs notent que cette hausse a commencé bien avant la pandémie et ne s'est pas inversée depuis.
Les limites sont écrites par les auteurs. Elles sont lourdes, et elles pèsent lourd sur la lecture du résultat, qu'on aurait tort de prendre pour une recette de bonheur. L'étude ne tranche pas la causalité : les gens qui mangent ensemble sont peut-être heureux d'abord. Elle ne peut pas contrôler les repas sautés, qui pèsent surtout là où l'insécurité alimentaire est forte. Et elle ne dit rien de la qualité de l'échange ni du type de repas. Le sondage Gallup est mené par tirage au sort, avec environ 1 000 personnes interrogées par pays ou région chaque année. Le module de l'enquête sur la commensalité a été financé par le groupe japonais Ajinomoto, un fabricant de produits alimentaires, ce que l'article indique dans ses remerciements.
Ils précisent aussi qu'ils ne distinguent pas les repas pris avec un conjoint, des enfants, des amis ou d'autres proches. Rien n'est donc dit de la tablée à deux, ni de la différence entre un dîner en famille et un déjeuner de bureau. Pour un lecteur en France, en Belgique, en Suisse ou au Québec, le chiffre américain est un point de comparaison, pas un diagnostic local.
Savourer à deux, mesuré sur 589 personnes
La tablée à deux a son étude. Plus modeste. À l'université de l'Illinois à Urbana-Champaign, l'étudiant en troisième cycle Noah Larsen et les professeurs Allen W. Barton et Brian G. Ogolsky ont étudié ce qu'ils appellent le savourer conjoint : ralentir pour porter attention aux expériences agréables vécues avec son partenaire, en s'en souvenant, en les vivant ou en les attendant.
Un échantillon national américain de 589 personnes a rempli une enquête en ligne. Elle mesurait la fréquence de ces moments, la satisfaction dans la relation, les conflits de communication, le stress perçu et la confiance dans l'avenir du couple. Les couples qui savourent davantage ensemble se disent plus heureux, se disputent moins et croient plus à la durée de leur relation, d'après l'université.
Le portrait des répondants dit ce que la formule vaut. Il est étroit. Très étroit. Plus de 85 % étaient mariés, environ 10 % fiancés et 4 % en couple engagé sans mariage. Leur âge moyen était d'environ 39 ans, plus de 85 % étaient blancs, et le revenu moyen du foyer se situait entre 85 000 et 95 000 dollars. Les partenaires ne faisaient pas partie de l'étude : chaque réponse vient d'une seule personne du couple.
C'est une enquête, pas un essai : personne n'a assigné au hasard des couples à savourer plus ou moins. Elle relie le savourer au bien-être, sans montrer que le premier produit le second.
Mâchon, marchés et soupe jusqu'au 18 octobre
À Lyon, la Semaine du goût croise la Mâchon'Week, une fête locale indépendante organisée par le Lyon CityCrunch, en 5e édition. Le mâchon est le repas traditionnel des canuts. Le site local compte plus de 80 rendez-vous dans 50 établissements. Il y a un parcours gourmand aux Halles Paul Bocuse les 15 et 16 octobre, un bouchon éphémère au Musée des Beaux-Arts le 16 octobre et la Mâchon'Street le 17 octobre.
Le dimanche, un grand mâchon de 200 convives est prévu à la Brasserie Le Nord avec les maisons Bocuse, Bobosse et Mère Richard, pour célébrer le centenaire de Monsieur Paul. La Maison Bocuse sert aussi de trait d'union entre les deux événements. Pour la Semaine du goût, elle accueille des enfants dans ses cuisines, où la cheffe Carla Viana leur apprend à préparer un burger maison.
Les mâchons festifs clôturent la Mâchon'Week le 18 octobre 2026, jour de clôture de la Semaine du goût. Ce jour-là, La Remise aura déjà servi son civet, le jeudi 15 octobre.
Sources
- Semaine du Goût : une 37e édition sous le signe de la transmission et de l'éducation à l'alimentation, ministère de l'Agriculture, 9 octobre 2026
- Semaine du goût 2026 : À la Remise, Office de tourisme des Cévennes au Mont Lozère
- Sharing meals is associated with greater wellbeing, Scientific Reports, 22 avril 2026
- Savoring pleasurable moments strengthens couples' bonds, University of Illinois News Bureau
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