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L'archer Komsan Singphirom avait promis une demande en mariage en cas d'or, et il a gagné
Le 21 octobre 2026, l'archer thaïlandais Komsan Singphirom a gagné l'or du double compound aux Jeux paralympiques asiatiques, puis tenu sa promesse de demander sa petite amie en mariage. Dans une étude de 2021, toutes les demandes acceptées avaient été précédées d'une conversation sur le mariage.

Komsan Singphirom, archer paralympique thaïlandais, avait promis de demander sa petite amie en mariage s'il gagnait l'or aux Jeux paralympiques asiatiques. Le 21 octobre 2026, au Japon, il a battu l'Indonésie 150 à 147 en finale du double compound avec Teerasak Phianrakkani, puis tenu parole auprès de Phannipa Srathongmaew, archère de l'équipe nationale comme lui.
Une promesse faite avant la finale
La promesse tenait en une phrase : « Win gold, and I’ll propose! » Khaosod English la rapporte d'après la page Facebook officielle de l'Association sportive des personnes handicapées de Thaïlande (SPADT Thailand), qui l'avait dévoilée avant la compétition.
Le quotidien thaïlandais Daily News précise que Komsan avait fait cette promesse à sa petite amie et qu'il comptait la demander en mariage dès la mission accomplie. Selon le journal, le couple s'est ensuite photographié avec une bague et les médailles, au milieu du site de la compétition.
Parole dite, parole tenue.
Phannipa, que Thai PBS World surnomme Ple, repartait elle aussi avec une médaille. Elle a gagné le bronze en double compound dames, la Thaïlande ayant battu Taipei chinois 130 à 129. Un point d'écart. Komsan, que la même chaîne surnomme Mai, avait gagné l'or dans sa propre épreuve.
Ni Khaosod English, ni Thai PBS World, ni Daily News, ni The Standard ne rapportent la réponse de Phannipa Srathongmaew. The Standard félicite le couple pour ce qu'il présente comme une nouvelle page de sa vie à deux, et Daily News décrit la photo de la bague.
Sept jours, dix-huit sports, une bague
Les cinquièmes Jeux paralympiques asiatiques se tiennent du 18 au 24 octobre 2026 à Aichi-Nagoya, au Japon. World Archery compte environ 3 000 athlètes venus de 45 comités paralympiques nationaux, répartis sur 18 sports.
Le tir à l'arc se joue au parc Okazaki Chuo Sogo, à Okazaki : 99 archers de 19 nations s'y disputent 15 médailles d'or en six jours. Le programme de la fédération mondiale plaçait les finales du double compound le mercredi 21 octobre, jour de la victoire thaïlandaise.
Le plateau était relevé. World Archery y annonçait notamment l'Indienne Sheetal Devi, numéro un mondiale en compound dames, et son compatriote Toman Kumar, champion du monde en titre en compound hommes.
Au 20 octobre, la Thaïlande comptait 36 médailles, dont cinq en or, onze en argent et vingt en bronze, selon le Comité paralympique asiatique cité par Thai PBS World. Parmi elles figurent deux argents de l'escrimeuse en fauteuil Saysunee Jana, 52 ans.
Les comédies romantiques ont longtemps fait de la demande en mariage un exploit de mise en scène, avec orchestre, avion et foule complice. Ici, le scénario tient dans un chiffre à atteindre et une parole donnée à l'avance, ce qui a de quoi faire sourire les scénaristes. Une promesse suspendue à une finale a pourtant une qualité rare : l'autre a eu le temps de l'entendre.
Ce que compte l'étude de Victoria sur les demandes refusées
La recherche sur les demandes en mariage est mince. Deux psychologues de l'université de Victoria (Canada), Lisa B. Hoplock et Danu Anthony Stinson, ont publié en 2021 dans le Journal of Family Psychology une analyse de demandes acceptées et refusées, intitulée « Rules of engagement ». Leur matériau : des récits que des internautes ont eux-mêmes postés sur Reddit et Weddingbee, collectés en 2015 selon Hoplock.
Sur 400 récits, 200 acceptés et 200 refusés, 374 racontaient un homme qui demande une femme en mariage. Ce sont eux que les auteures ont analysés en détail, car les demandes faites par des femmes étaient trop rares pour cela : Psychology Today en compte 25.
Les écarts sont nets. Dans les récits acceptés, d'autres personnes étaient présentes dans 32 % des cas, contre 45 % des récits refusés. Toutes les demandes acceptées avaient été précédées d'une conversation sur le mariage, alors que 40 % des couples dont la demande a été refusée n'en avaient jamais parlé.
Les couples comptaient en moyenne 4,2 ans de relation quand la demande était acceptée, contre 2,2 ans quand elle était refusée. Le motif le plus fréquent des refus : elle ne se sentait pas prête. Deux autres écarts touchent à la forme et au fond. Parmi les demandes refusées, 10 % venaient d'hommes qui n'avaient jamais fréquenté la femme, dont six inconnus complets. Et un motif n'apparaît que dans les refus : proposer pour sauver la relation, quand le couple traversait une crise et que l'homme espérait qu'une demande la réglerait. Le rituel a aussi son poids. Sans bague, une demande avait 8,5 fois plus de chances d'être refusée, et 4,7 fois plus sans genou à terre, selon Psychology Today. Hoplock décrit ce script, l'homme à genoux, la bague, la question posée, comme le déroulé habituel d'une demande.
Un refus ne ferme pas toujours l'histoire. Pour 31 % des couples, la relation a continué, pendant 2,4 ans en moyenne selon les 21 personnes qui ont donné une durée, et cinq couples se sont finalement mariés.
Les limites sont celles de la méthode. Les récits sont anonymes, écrits par les intéressés et impossibles à vérifier, même si les auteures ont écarté ceux qui paraissaient inventés. L'échantillon contient autant de refus que d'acceptations, ce qui ne dit rien de la fréquence réelle des refus. Les données viennent d'Amérique du Nord, et les couples de même sexe y étaient rares. Enfin, une association n'est pas une cause : rien ne prouve que des témoins fassent échouer une demande, ils accompagnent peut-être des couples qui n'en avaient pas parlé.
L'étude ne dit rien de la Thaïlande, ni de ce couple.
Elle donne en revanche une grille de lecture. Hoplock résume les refus comme un mélange de malentendus, de mauvais moment et, pour certains hommes, de dernière tentative après une rupture, et elle note que se présenter chez son ancienne compagne après une séparation n'a rien du coup gagnant que montrent les films. Dans plusieurs récits, les personnes croyaient être sur la même longueur d'onde que leur partenaire sans l'être, faute d'avoir parlé de la direction du couple avant la demande.
La date peut surprendre, pas l'intention
Dans le billet qu'elle a consacré à son étude, Lisa Hoplock écrit que le lieu et le moment d'une demande peuvent rester une surprise, mais pas l'intention de la faire. Elle recommande de parler à l'avance de la direction que prend la relation, et de proposer en privé dans le doute. Selon elle, des personnes avaient cru être d'accord avec leur partenaire sans l'être, avec des conséquences qu'elles décrivent comme dévastatrices.
La promesse de Komsan a cette forme-là : le geste attendait un résultat sportif, mais le projet de demande avait été dit. On ne sait pas si elle a été énoncée en tête-à-tête ou seulement relayée par l'association, et le public présent au moment de la demande n'est décrit dans aucun article.
Herstory affirme que les demandes publiques, venues des États-Unis, se répandent en France, sans en donner de chiffre. Une scène française montre l'autre versant. Selon Herstory, après la finale de la Coupe du monde de 2018 gagnée par les Bleus, le compagnon de Maéva s'est agenouillé devant elle sur les Champs-Élysées, au milieu de la foule en fête. La vidéo la montre refusant, et le magazine rapporte qu'elle a reçu des insultes. À Causette, citée par Herstory, elle a expliqué : « Je suis mère célibataire, je n’ai pas envie de prendre la décision de me marier au bout de neuf mois de relation, j’espère que vous comprenez ».
Neuf mois de relation, quand les refus de l'étude de Victoria interviennent en moyenne après 2,2 ans : le cas de Maéva va dans le sens de l'étude, sans la prouver.
Le site mariage.com, qui vend des services de mariage, cite aussi un sondage VeraQuest de 2016 aux États-Unis selon lequel 84 % des personnes interrogées souhaitaient une demande en privé. Nous n'avons pas pu ouvrir le sondage lui-même.
Le même site rapporte un rapport de 2015 de l'université Emory, fondé sur un échantillon de 3 000 personnes, qui associe la durée d'un mariage à la somme dépensée pour la demande et la cérémonie : plus c'est cher, moins ça dure. Le rapport avance que les couples qui dépensent peu sont peut-être ceux qui se correspondent mieux. C'est une corrélation, relayée de seconde main par un site commercial, qui n'établit aucune cause.
La durée d'un couple se joue ailleurs que dans la demande, et d'autres chercheurs la suivent sur des paires de jumeaux suivies depuis leur naissance pour comprendre ce qui fait un couple solide.
Après la finale
Les Jeux d'Aichi-Nagoya se terminent le 24 octobre 2026, et Phannipa Srathongmaew y a déjà gagné sa médaille de bronze.
Sources
- Asia's leading para archers set for continental glory at 5th Asian Para Games, World Archery, octobre 2026
- Get Hitched or Get Ditched? Why Some Marriage Proposals Fail, Lisa Hoplock, SPSP, 1er novembre 2021
Rencontrer une femme romantique
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