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89 % des couples se sont disputés pour le ménage, dit un sondage publié par un groupe d'aide à domicile

Le ménage devance l'argent comme sujet de dispute (49 % contre 47 %) dans un sondage de 3 611 adultes publié le 2 novembre 2026 par le groupe A2micile, qui propose de l'aide à domicile. Le 2 novembre aussi, le Haut Conseil à l'égalité a relié la charge mentale à la dépression des femmes.

89 % des couples se sont disputés pour le ménage, dit un sondage publié par un groupe d'aide à domicile
Illustration : Reflets / Strugggl

Le ménage devance l'argent comme sujet de dispute : 49 % des personnes qui ont vécu en couple le citent parmi leurs trois premiers motifs, contre 47 % pour l'argent. L'enquête, publiée le 2 novembre 2026 par le groupe A2micile (Azaé et Domaliance), a interrogé 3 611 adultes résidant en France du 20 au 27 octobre. Au total, 89 % se sont déjà disputés à propos des tâches.

Le ménage devant l'argent, de deux points

Chaque répondant pouvait désigner jusqu'à trois sujets. Le ménage, le rangement et la répartition des tâches arrivent à 49 %, l'argent à 47 %, l'éducation des enfants à 33 %. Seuls 8 % disent n'avoir jamais connu de dispute, tous sujets confondus.

Deux points d'écart ne font pas un classement établi. Le volet consacré à la vie de couple repose sur 2 817 répondants, et ni l'article d'Aladom du 5 novembre ni celui de MySweetImmo, daté du même jour, ne donnent de marge d'erreur.

La fréquence est plus nette. Pour 26 % des personnes concernées, l'accrochage revient au moins une fois par semaine (12 % plusieurs fois par semaine, 14 % environ une fois). Avec les 27 % qui se disputent plusieurs fois par mois, on arrive à 53 % de personnes qui se disputent à ce sujet au moins plusieurs fois par mois.

Quelle corvée fait le plus d'étincelles ? Les affaires qui traînent, citées par 29 % des personnes qui ont connu une dispute de ce type, devant la vaisselle (12 %) et l'aspirateur (11 %). Seize pour cent visent plutôt l'organisation générale des tâches.

Le moteur, selon l'enquête, est le sentiment d'injustice : 48 % des personnes concernées ont l'impression d'en faire beaucoup plus que l'autre. Suivent la lassitude de tout rappeler (31 %), un partenaire qui « ne voit pas » le désordre (27 %) et le manque de reconnaissance (25 %). Les réponses pouvaient se cumuler.

Un grief plus rare porte un nom : 8 % soupçonnent leur partenaire de mal faire exprès pour ne plus être sollicité, ce que le communiqué appelle « l'incompétence stratégique ». Sonia Da Cruz, directrice marketing, communication et digital du groupe, résume : « Derrière les affaires qui traînent se jouent le sentiment d'injustice, la fatigue et cette charge mentale qui finit par user les couples ».

Ce que le sondage compte, et qui le publie

Le sondage compte des disputes, pas des heures. Il ne dit pas qui fait quoi, et les résultats publiés dans les deux articles ne sont pas ventilés entre femmes et hommes. Il interroge des personnes, pas des couples : quand 48 % disent en faire beaucoup plus que l'autre, personne n'a demandé à l'autre. Le groupe A2micile est lui-même dans le secteur. Sa marque Domaliance se présente comme un spécialiste du service à la personne à domicile, avec un réseau d'agences réparties sur le territoire. Le communiqué conclut sur l'aide-ménagère : 53 % des répondants estiment qu'une aide-ménagère pourrait réduire les tensions, ou constatent déjà cet effet.

Parmi eux, 7 % y recourent déjà.

Chez les 310 utilisateurs d'une aide-ménagère interrogés, 64 % disent avoir vu les tensions diminuer, dont 29 % nettement, et 3 % les ont vues augmenter. Ces réponses décrivent l'évolution ressentie, sans groupe de comparaison de couples qui n'auraient rien changé.

Le communiqué se termine sur un argument fiscal. Sonia Da Cruz dit que « grâce au crédit d'impôt de 50 %, ce coup de pouce est bien plus accessible qu'on ne le pense ». Aladom, qui relaie l'enquête, propose de comparer les entreprises de services à la personne et de demander des devis gratuits. Le chiffre de 89 % et le devis arrivent donc sur la même page.

La méthode, elle, est indiquée : enquête en ligne auprès d'un panel, méthode des quotas, redressement sur les données de l'Insee.

Le compte des heures, tel que l'Insee l'a tenu

Pour savoir qui fait quoi, il faut un autre instrument. L'Insee a mesuré le temps domestique dans l'enquête Emploi du temps de 2010, publiée dans l'Insee Première n° 1423 du 22 novembre 2012. Le travail domestique y pèse 60 milliards d'heures sur l'année, et 64 % de ces heures sont réalisées par les femmes.

La part change avec la définition. Sur le cœur des tâches (cuisine, ménage, soins matériels aux enfants, linge, gestion du ménage), les femmes réalisent 72 % des heures. Avec le périmètre le plus large, qui ajoute notamment le bricolage et le jardinage, elles en réalisent 60 %. Plus on se rapproche des corvées, plus la part féminine monte.

Pour les couples avec enfants, l'Insee compare les emplois du temps. Une femme en couple avec des enfants de moins de 25 ans consacre en moyenne 34 heures par semaine au travail domestique (définition intermédiaire) et 20 heures au travail rémunéré. Un homme dans la même situation en consacre 18 au travail domestique et 33 au travail rémunéré.

L'Insee en tire que le temps de travail total est équivalent. Avec la définition restreinte, qui exclut le jardinage, le bricolage et les jeux avec les enfants, le total des femmes dépasse celui des hommes de 5 heures.

La balance penche donc selon ce qu'on met sur le plateau, et l'institut le dit. Ces mesures datent de 2010 : elles donnent un ordre de grandeur, pas l'état présent. À la télévision, un calcul voisin s'est fait à voix haute : la femme du maître de midi a détaillé ce que son mari fait ou non à la maison.

Un rapport public relie charge mentale et dépression

Le 2 novembre 2026, le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE) a publié le rapport « Santé mentale : genre et troubles dépressifs, pourquoi les femmes sont-elles plus à risque ? ». Il part d'un écart : 18,2 % des femmes ont connu un épisode dépressif contre 12,8 % des hommes, d'après une étude de Santé publique France parue fin 2025 que le HCE reprend.

Le rapport écarte la piste hormonale comme explication principale : « des recherches récentes montrent que les facteurs biologiques ne jouent qu’un rôle minime, face à l’environnement socioculturel et économique ». Il place dans ce cadre la charge domestique : « Les femmes assument la majorité des tâches domestiques et parentales. » Elle se combine, écrit-il, à des carrières plus souvent marquées par le temps partiel, les interruptions d'activité et les emplois précaires.

Les chiffres sur la charge mentale elle-même viennent des comptes rendus du rapport par Les Nouveaux Parents (4 novembre) et Medilax (5 novembre), qui les rattachent à l'enquête « Familles et employeurs » de l'Institut national d'études démographiques. Une forme élevée de charge mentale touche 46 % des femmes de 25 à 65 ans contre 30 % des hommes, et 59 % des femmes de 35 à 44 ans. Medilax la définit comme le sentiment d'être sans cesse pressé par le temps et de devoir penser à tout en même temps.

Parmi les femmes qui déclarent une charge mentale élevée, 19 % présentent un risque de dépression. Ce chiffre relie deux mesures déclarées au même moment, il ne dit pas laquelle précède l'autre. Les mécanismes que le HCE avance, selon Les Nouveaux Parents, sont un temps de repos rogné et une double journée qui superpose emploi rémunéré et travail domestique invisible.

Le HCE formule 42 recommandations, adressées aux pouvoirs publics, aux professionnels de santé, aux acteurs du monde du travail et au secteur associatif. Le sondage de A2micile et le rapport du HCE ne mesurent pas la même chose : l'un compte des disputes déclarées, l'autre un risque de santé. Les deux nomment pourtant le même poste, la charge mentale.

Déléguer ou se répartir

Le sondage propose lui-même deux issues. Pour 53 %, une aide-ménagère pourrait réduire les tensions ou le fait déjà ; 19 % répondent « certainement », 27 % « probablement » si le coût reste raisonnable, 7 % l'utilisent déjà avec un bénéfice déclaré. Dix-huit pour cent aimeraient y recourir mais estiment ne pas en avoir les moyens.

La seconde issue est la plus modeste en chiffres : 9 % des personnes interrogées préfèrent se répartir les tâches entre partenaires. C'est le seul pourcentage de l'enquête qui touche à la réciprocité, et il est celui qui ne coûte rien.

La « grève du ménage », elle, est déjà pratiquée : 44 % des répondants ayant vécu en couple ont arrêté volontairement certaines tâches pour faire réagir leur partenaire, dont 23 % à plusieurs reprises, et 18 % de plus y ont sérieusement pensé. Côté rupture, 44 % disent que le ménage les a conduits à l'évoquer, l'envisager ou la provoquer, 14 % ont sérieusement songé à partir et 9 % jugent qu'il a contribué à une séparation ou un divorce.

La délégation se vend aussi aux employeurs : la startup Yolo propose aux entreprises des intervenantes contre la charge mentale de leurs salariés. Le crédit d'impôt de 50 % que cite A2micile s'applique, selon le communiqué, à certaines prestations de services à la personne, sous conditions et dans la limite des plafonds.

Sur les 310 utilisateurs d'une aide-ménagère, 3 % signalent une hausse des tensions.

Sources

Rencontrer une femme égalitaire

Persona IA générée : ni la personne de cet article, ni une personne réelle.