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Trois créatrices ont habillé l'ouverture des JOJ de Dakar, pour près de 1 500 tenues

Près de 1 500 tenues ont été réalisées pour l'ouverture des JOJ de Dakar, le 31 octobre 2026. Trois créatrices de costumes en signent les trois temps, quand la presse a surtout retenu le nom du directeur artistique.

Trois créatrices ont habillé l'ouverture des JOJ de Dakar, pour près de 1 500 tenues
Illustration : Reflets / Strugggl

Trois créatrices de costumes ont habillé les trois temps de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) de Dakar : Maguette Gueye, Khadija Ba et Selly Raby Kane. Près de 1 500 tenues ont été réalisées pour ce spectacle, donné le samedi 31 octobre 2026 au stade Abdoulaye-Wade de Diamniadio.

La presse sénégalaise a d'abord retenu le nom d'un homme.

Trois temps, trois signatures

Le comité d'organisation des JOJ Dakar 2026 a officialisé la composition de la direction des cérémonies, que PressAfrik a détaillée le 1er novembre 2026. La confection des tenues s'y organise en trois phases : Maguette Gueye pour le premier temps, Khadija Ba pour le deuxième, Selly Raby Kane pour le troisième. Marième Ngom supervise le pôle habillage, maquillage et coiffure, sous la direction générale de Khady Niang, professionnelle sénégalaise de l'événementiel passée par l'organisation des Jeux olympiques de Rio 2016, d'après Sport Business Club. Aline Alima Moné Diedhiou est la makeup designer, Madeleine Ngoné Sagna la hair designer.

Sport Business Club chiffre le travail de cette équipe : trois créatrices de costumes et dix jeunes créateurs ont participé à la réalisation de près de 1 500 tenues. Le même site compte 1 115 chorégraphes, artistes, acteurs, danseurs et figurants sur le stade, et 350 professionnels des domaines artistique, technique et logistique, de la coiffure, du maquillage et de l'habillage. La production a demandé plus de 5 000 heures de travail et 250 heures de répétition, avec 100 tonnes de matériel. Les costumes ne sont qu'un poste parmi d'autres. Mais les spectateurs les ont sous les yeux du début à la fin.

Le spectacle s'est articulé autour de trois séquences, hier, aujourd'hui et demain, qui mettent en scène la transmission entre les générations et l'héritage culturel africain. Sport Business Club ne précise pas si les trois temps des costumes recoupent ces trois séquences.

Le nom que la presse a retenu

Le 1er novembre 2026, Kewoulo a consacré un portrait à Xalil Cissé, designer et curateur de mode connu sous le pseudonyme « Ze Fashion Curator », qui aurait orchestré la direction artistique de la soirée. Issu de la finance et de l'humanitaire, il a quitté ce milieu entre 2013 et 2014 pour la création. Il réinvente le wax et le leppi, des étoffes traditionnelles, avec des coupes épurées.

Il a aussi lancé JAABA, un marché collaboratif pensé comme un incubateur pour de jeunes talents de la mode, du design et de l'artisanat, et Baalu Kër, une plateforme événementielle consacrée à la mémoire culturelle et à la musique rétro. PressAfrik publie le même jour un portrait voisin, qui rappelle que ses pièces sur mesure ont été remarquées aux Africa Magic Viewers' Choice Awards.

Son nom change d'un article à l'autre. Sport Business Club et la liste officielle parlent d'Ibrahima Cissé, dit Xali Cissé, directeur artistique, quand Thies24 écrivait Khalil Cissé avant le spectacle. Son rôle varie aussi : Senego et Dakar92 évoquent une contribution à la direction artistique, Kewoulo une orchestration complète.

Avant la cérémonie, Thies24 avait cité une source proche de l'organisation, sans confirmation du comité, selon laquelle le choix s'était porté sur lui. Khady Niang, directrice des cérémonies, ne voulait alors nommer personne. Le site jugeait que son profil correspondait à l'ambition de raconter le Sénégal au monde « sans tomber dans le folklore ».

Le 2 novembre 2026, une recherche sur la cérémonie ne fait apparaître les noms des trois créatrices que dans trois articles de liste de postes : celui de PressAfrik, une page de Senego sur l'équipe de Khady Niang et celui de Sport Business Club. Les portraits et les comptes rendus, eux, s'arrêtent au directeur artistique.

Une conception en interne, des renforts venus d'ailleurs

Selon Thies24, le comité avait choisi de définir le concept artistique en interne, contrairement aux précédentes olympiades où la production est confiée à une société internationale. La raison, d'après une source que le site ne nomme pas : « raconter notre histoire » et assurer une « réappropriation de notre récit » africain.

La production exécutive, elle, a été confiée à deux agences implantées à Dakar, Dimensions et People No Limit (PNL), qui s'appuient sur des dirigeants issus de l'événementiel français, selon Sport Business Club. Martin Arnaud, fondateur de la société Les Petits Français, est le show designer. Marilyn Kuentz, productrice de la même société, et Nathalie Quinet, directrice associée de PNL, figurent aussi au dispositif.

Les danses de masse ont reçu un renfort chinois. Le 12 janvier 2026, l'Agence de presse sénégalaise annonçait l'arrivée à Dakar d'une équipe de chorégraphie chinoise, présentée par le coordonnateur du comité, Ibrahima Wade, comme un échange culturel entre la Chine et l'Afrique. Huit experts chinois ont accompagné le comité depuis mai 2025 et formé 40 encadrants, d'après Sport Business Club, puis participé aux répétitions de 360 danseurs. Zhou Yanhong dirigeait la chorégraphie de masse, Mariane Niox la chorégraphie générale.

Trois groupes de supporters sénégalais, Le 12ème Gaïndé, Lebou Gui et Allez Casa, ont aussi pris part au spectacle, ce qui fait entrer la tribune dans la distribution.

Les totaux divergent. Avant la soirée, Thies24 annonçait 11 000 participants dont 700 danseurs, pour une heure et demie de récit. Après, Sport Business Club compte 1 115 chorégraphes, artistes, acteurs, danseurs et figurants. L'écart n'est pas expliqué dans ce second article.

Ce que le public a vu du stade

Le public n'a pas lu de liste de postes. Il a vu un voyage à travers le temps, mêlant tableaux artistiques, chorégraphies, musiques et séquences protocolaires, d'après EchosMedias. Le tableau le plus remarqué montrait le continent africain, dessiné par les participants eux-mêmes.

Éléonore, volontaire suisse emportée par les rythmes du sabar, a retenu ce moment : « C’est quand ils ont formé le continent africain. Je trouvais que ça marquait vraiment l’union ». Siré, qui a dansé dans les tableaux, évoque des répétitions menées malgré les contraintes météorologiques. « Ce soir, c’est le Sénégal qui gagne. C’est l’Afrique qui gagne », dit-elle.

Senego ajoute que la cérémonie a donné un visage familier à ces Jeux avec des figures de la lutte sénégalaise, Modou Lô, Eumeu Sène et Franc.

Pulse.sn parle, le soir même, d'un défilé de costumes hauts en couleur et de tenues traditionnelles. Le site renvoie aux photos des tenues des athlètes publiées par Olympics.com. Les délégations étaient donc habillées elles aussi, par d'autres mains que celles des trois créatrices.

La sobriété demandée aux tenues des vainqueurs

Les costumes du spectacle ne sont pas les seules tenues de ces Jeux à avoir un auteur. Le 4 avril 2026, lors du défilé national de Thiès pour le 66e anniversaire de l'indépendance du Sénégal, le comité a présenté l'uniforme des volontaires chargés des cérémonies des vainqueurs. Cinquante et un modèles des bataillons du Matériel et de l'Intendance des Armées l'ont porté, selon Le Soleil.

Le designer sénégalais Abdou Lahad Gueye signe ces tenues. Son cahier des charges tient en un contraste avec le spectacle : « Nous avons choisi une approche sobre afin de respecter le moment central de la cérémonie : la célébration des athlètes. » Il dit y avoir glissé du pagne tissé « de manière discrète », comme une signature culturelle.

Il y aura 171 volontaires pour 153 cérémonies des vainqueurs, entre le 31 octobre et le 13 novembre 2026, à Dakar, Diamniadio et Saly.

Ce qui reste à voir

Le Soleil compte 2 655 jeunes athlètes venus de 204 pays. Ce sont eux que les tenues des vainqueurs doivent mettre en valeur. Ils ont de 14 à 18 ans et concourent dans 25 disciplines, selon Senego, qui rappelle que le Sénégal est le premier pays africain à accueillir un événement olympique depuis la renaissance des Jeux modernes en 1896. La couture y avait donc un rôle de vitrine. Les porte-drapeaux français, Raphaël de Boussac et Elsa Lepinay, ont décrit une soirée d'ouverture énergique, selon EchosMedias.

Le président du Comité national olympique et sportif sénégalais, Diagna Ndiaye, a présenté ces Jeux comme un projet d'héritage : « Nous ne voulons pas laisser une charge, nous voulons laisser un héritage. » Senego précise que la Dakar Learning Academy doit former plus de 400 jeunes aux métiers de l'organisation de manifestations sportives. Aucun de ces articles ne dit ce que deviendront les 1 500 tenues réalisées pour la soirée. Nous n'avons pas pu ouvrir les pages d'Olympics.com sur la cérémonie, où l'organisateur publie ses propres chiffres et des photos des costumes.

La création locale a un autre rendez-vous proche, la 16e Biennale de Dakar, dont le Grand témoin est déjà désigné.

D'ici là, les Jeux se poursuivent jusqu'au 13 novembre 2026, et les 153 cérémonies des vainqueurs restent à jouer.

Sources

Rencontrer une femme sénégalaise

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