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À trois secondes du record, Berhanu gagne Amsterdam après deux kilomètres dans le sillage de Kipkorir

Lemi Berhanu a gagné le marathon d'Amsterdam le 18 octobre 2026 en 2:03:33, six secondes devant Nicholas Kipkorir. Il manque trois secondes au record du parcours, et Buze Diriba a battu celui des femmes en 2:16:12.

À trois secondes du record, Berhanu gagne Amsterdam après deux kilomètres dans le sillage de Kipkorir
Illustration : Reflets / Strugggl

Lemi Berhanu a gagné le marathon d'Amsterdam en 2:03:33, le dimanche 18 octobre 2026, à trois secondes du record du parcours. Le Kényan Nicholas Kipkorir a fini six secondes derrière, sur une chaussée mouillée.

Deux kilomètres à l'abri, puis le Vondelpark

La course des hommes n'est pas partie sur le rythme du record. Le groupe de tête, mené par les meneurs d'allure, a passé le semi-marathon en 1:02:24. Le tenant du titre, Geofry Toroitich Kipchumba, était huit secondes derrière à ce moment-là et a abandonné peu après, selon World Athletics. Il détenait aussi le record du parcours, 2:03:30, établi en 2025. Son propre record a donc survécu à son abandon, et à un finisseur qui l'a frôlé de trois secondes.

Le vent a fait le tri. Runner's World Pays-Bas raconte que Kipchumba a lâché peu après le demi-tour d'Ouderkerk aan de Amstel, puis qu'il a dû affronter seul le vent de face le long de l'Amstel. Le Français Mehdi Frère a longtemps tenu dans la tête de course, avant de devoir laisser filer les Africains vers le 32e kilomètre, toujours selon ce magazine.

À 30 kilomètres (1:28:48), les meneurs se sont écartés et le Kényan Justus Kangogo a pris les commandes. Au 35e kilomètre, en 1:43:23, Patrick Mosin, Nicholas Kipkorir et Jonathan Korir menaient, Berhanu à une foulée derrière.

À la dernière zone de ravitaillement, Kipkorir a regardé autour de lui, puis il a placé une grosse accélération. Seul Berhanu a pu suivre.

Pendant près de deux kilomètres, l'Éthiopien est resté à l'abri derrière lui, jusqu'à l'entrée du Vondelpark. Au 40e kilomètre (1:57:25), les deux étaient ensemble, onze secondes devant Mosin. En sortant du parc, Berhanu est passé devant et a pris de l'avance, jusqu'à entrer seul dans le stade olympique.

Son second semi-marathon a pris 1:01:09, d'après Athletics Weekly, contre 1:02:24 pour le groupe de tête au passage à la mi-course. Athletics Weekly note que les deux vainqueurs, hommes et femmes, ont couru en négatif split (la seconde moitié plus vite que la première), sous la pluie.

Sur une chaussée glissante et dans le vent, le départ prudent a laissé toute la place à la fin de course. Six secondes d'écart à l'arrivée.

Un chrono vieux de dix ans

Berhanu a 32 ans. Pour gagner, il a retranché environ une minute à un record personnel établi il y a dix ans, rappelle World Athletics. Runner's World Pays-Bas donne le chiffre précédent: 2:04:33.

Ce chrono date de Dubaï en 2016, où il avait perdu au sprint face à Tesfaye Abera, neuf secondes derrière, d'après la fiche Wikipédia du coureur. Quelques mois plus tard, en avril 2016, il gagnait le marathon de Boston en 2:12:45. Dix ans plus tard, le même homme gagne à Amsterdam en terminant plus vite que jamais.

World Athletics parle d'une résurgence pour décrire sa trajectoire récente. Le mot est sobre, et ce dimanche pluvieux le confirme sans en rajouter.

Le détail qui fait sourire se trouve ailleurs. Selon le site Gadgets & Wearables, qui dit avoir obtenu confirmation du modèle auprès des représentants du coureur, Berhanu portait une Garmin Forerunner 255, lancée en juin 2022. Le meilleur chrono de sa carrière a donc été pris avec une montre de quatre ans, alors que plusieurs générations plus récentes existent. Le même site relève qu'Amsterdam n'avait jamais vu auparavant ses trois premiers hommes passer sous 2:04, et que Tigst Assefa portait la même montre en gagnant à Londres cette année. Une semaine plus tôt, Eliud Kipchoge avait gagné le marathon de Melbourne avec une Huawei Watch GT Runner 2, un modèle récent conçu avec son équipe. Le site juge que l'ancien modèle suffit: peu de fonctions des montres plus chères changeraient quoi que ce soit à un marathon, selon lui.

Diriba, 48 secondes de retard puis un record

Chez les femmes, Buze Diriba, 32 ans, a couru 2:16:12 et battu le record du parcours, qui était aussi le record néerlandais toutes performances, 2:16:52, établi par Yalemzerf Yehualaw en 2024. L'écart est de 40 secondes. Elle améliore aussi son record personnel de plus de trois minutes (2:19:34 auparavant) et monte à la 16e place de la liste mondiale de tous les temps, selon Athletics Weekly.

La course ne s'annonçait pas ainsi. Au 25e kilomètre, selon Runner's World Pays-Bas, la course était à 48 secondes du rythme nécessaire. Il faisait froid, humide et venteux. Diriba et sa compatriote Aynalem Desta, tenante du titre, ont fait la course ensemble, avec Mestawut Fikir et Meseret Belete, jusqu'au passage à 30 kilomètres en 1:37:23. Puis Diriba a attaqué. Elle comptait une demi-minute d'avance au 40e kilomètre, et près d'une minute à l'arrivée.

Kulu Media, qui reprend le rapport de World Athletics, ajoute que Diriba a accéléré après le 35e kilomètre pour se détacher de Desta, et que l'Éthiopie a pris les six premières places chez les femmes.

Desta a terminé deuxième en 2:17:06, Belete troisième en 2:18:06, toutes deux avec un record personnel. Diriba avait déjà couru moins de 2:20 deux fois dans les douze derniers mois: 2:19:34 à Francfort en octobre 2025, puis 2:19:54 à Daegu en février.

Huit hommes sous 2:05, et un Néerlandais à sept secondes

La profondeur du plateau est le fait le plus durable. Les huit premiers hommes ont tous couru en moins de 2:05, ce qui n'était arrivé que deux fois dans l'histoire d'une course, selon World Athletics et Athletics Weekly. Le site allemand hdsports compte 25 hommes sous 2:10 à Amsterdam, un chiffre que nous n'avons pas retrouvé ailleurs.

Sur le papier, le parcours aide: le site décrit un profil plat, de longues lignes droites, un départ et une arrivée dans le stade olympique, des kilomètres le long de l'Amstel et un passage dans le Vondelpark. Le vent de l'Amstel, vu plus haut, rappelle que « plat » ne veut pas dire « sans obstacle ».

Kipkorir, deuxième en 2:03:39, n'en était qu'à son deuxième marathon. Sa première expérience, à Boston en avril, s'était soldée par 2:06:07, et le mois dernier à Copenhague, il avait pris l'argent du semi-marathon des championnats du monde de course sur route. Deux marathons en six mois, 2:06:07 puis 2:03:39. Il a lancé l'attaque, il n'a pas gagné. Mosin a pris la troisième place en 2:03:58, lui aussi avec un record personnel.

Côté néerlandais, Noah Schutte a été le premier du pays en 2:09:35, à sept secondes de son record, d'après Runner's World Pays-Bas. Khalid Choukoud, 40 ans, a signé un nouveau record néerlandais des vétérans. Vers le 13e kilomètre, le duel entre les deux Néerlandais penchait légèrement pour Schutte, rapporte le magazine. Choukoud a regardé autour de lui, a échangé avec son manager Dave Klink, puis a dû le laisser partir au 14e kilomètre, une cuisse récalcitrante.

Pour un lecteur français, l'enseignement est plus modeste: Mehdi Frère a suivi la tête de course jusqu'au 32e kilomètre environ, au milieu des Kényans, des Éthiopiens et d'un Japonais, Yohei Ikeda. L'organisation espérait un grand groupe de tête, elle l'a eu, mais le record du parcours lui a échappé.

Le même dimanche, ailleurs

Amsterdam n'était pas seul: World Athletics a regroupé sous un même rapport plusieurs courses de ce dimanche 18 octobre. À Pékin, selon World Athletics, le champion olympique Tamirat Tola a gagné le marathon en 2:03:10, un record de Chine toutes performances. À Delhi, Charles Matata a gagné le semi-marathon en 58:52, record du parcours. À Tokyo, Agnes Ngetich a couru un semi-marathon en 1:04:23, meilleure marque japonaise toutes performances.

À Ljubljana, l'Éthiopienne Haftamnesh Tesfay a gagné en 2:19:17, record du parcours, sept secondes devant la Kényane Esther Chemtai. Chez les hommes, Enock Ochari a gagné en 2:04:55, après une seconde moitié en 1:01:42. À Toronto, Leah Jeruto a quitté ses rivales dans les cinq derniers kilomètres pour gagner en 2:21:19, et Leonard Langat a conservé son titre en 2:06:51 en accélérant vers le 35e kilomètre.

Trois records en un dimanche, c'est le genre de série qu'on raconte volontiers comme une escalade. À Amsterdam, le rapport dit surtout qu'un coureur a gagné en attendant son tour derrière un autre, à l'abri du vent.

Nous avons déjà raconté des courses de ce genre: Tigst Assefa à Berlin, ou les 20 km de Paris et leur dernier finisher de 80 ans.

En août, selon Kulu Media, Yomif Kejelcha avait signé un record du monde au semi-marathon de Buenos Aires, où Fotyen Tesfay avait aussi battu un record du parcours chez les femmes. La route éthiopienne et kényane ne manque pas de dimanches chargés.

Sources

Rencontrer une femme énergétique

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